À quelques jours du choc entre le Stade Rochelais et le Stade Toulousain, attendu dimanche soir, le capitaine rochelais Grégory Alldritt se confie sur son rôle de leader au sein du vestiaire.
Assumant naturellement sa place, il explique avoir évolué avec les années dans sa manière de gérer la parole collective. Dans les colonnes de Sud-Ouest, il déclare : « C’est assez inné. J’ai toujours voulu être acteur des projets auxquels je participe. Aujourd’hui, j’essaie de faire attention à être plus réfléchi, à parler moins souvent. Je m’efforce d’écouter avant de parler trop vite : jeune, c’est quelque chose que j’ai pu faire. »
L’international français insiste sur la nécessité de comprendre les différentes sensibilités qui cohabitent dans un vestiaire : « Je comprends aussi de mieux en mieux, avec l’expérience, qu’il y a beaucoup de cultures différentes dans un vestiaire. Les joueurs n’ont pas le même âge, pas le même passif, pas la même vision. »
Pour Alldritt, un leader doit avant tout montrer l’exemple sur le terrain avant de multiplier les discours : « Disons qu’il faut faire les choses dans l’ordre. Si on ne fait que parler avant de songer à agir, c’est évident que c’est moins bien que de commencer par prouver avant de prendre la parole. » Des propos qu’il illustre notamment par l’influence d’entraîneurs marquants comme Patrice Collazo à La Rochelle ou Fabien Galthié avec le XV de France.
Un souvenir particulièrement fort reste gravé dans sa mémoire : la remise des maillots avant le Crunch de 2022, remporté par la France lors du Grand Chelem. « Tout le monde s’est levé tour à tour et a dit ce qu’il avait sur le cœur. C’était beau parce que chaque joueur a dit des choses fortes sans parler longtemps. »
Opposé aux discours agressifs ou guerriers parfois associés au rugby, Alldritt privilégie une approche plus mesurée, axée sur l’énergie et l’investissement collectif : « Je n’ai jamais aimé les discours lors desquels les gens se mettent des claques ou des coups de tête : c’est tout ce dont j’avais horreur. Je parle souvent de ce qui est mesurable. C’est-à-dire l’investissement qu’on déploie sur le terrain dès le coup d’envoi. Énergie, effort… Je parle beaucoup de ça. »
Le capitaine exprime également une réelle prudence face à la place grandissante des micros et caméras dans les vestiaires : « Je ne suis pas très pour les vidéos et les micros. J’aime le côté sacré du vestiaire : c’est notre endroit à nous. Tous ces micros et ces caméras, ça peut enlever un peu de spontanéité et de naturel. Alors que c’est justement là qu’on en a besoin pour se regarder dans les yeux et se dire les choses. »
Alors que La Rochelle se prépare pour ce match crucial, le message de son leader est clair : si les mots comptent, ils ne valent rien sans preuves sur le terrain.







