L’Union Bordeaux-Bègles (UBB) s’affirme désormais comme une puissance majeure du rugby européen. Samedi à Bilbao, en écrasant le Leinster en finale de la Champions Cup (41-19), le club girondin a livré une performance éclatante, confirmant son nouveau statut.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Pour retrouver trace d’une défaite bordelaise en Champions Cup, il faut remonter au 13 avril 2024, lors d’un quart de finale face aux Harlequins, perdu d’un point seulement (41-42) dans un match fou. Depuis, plus personne n’a réussi à faire tomber Bordeaux en Europe.
L’UBB vient d’enchaîner sa seizième victoire consécutive dans la compétition, un exploit colossal qui lui a permis de s’adjuger deux titres européens d’affilée. Cette série place désormais Bordeaux dans une catégorie très fermée, au sommet du rugby continental.
Avec cette impressionnante série de victoires, Bordeaux-Bègles égale le Stade Rochelais des grandes années, équipe qui avait dominé l’Europe en 2022 et 2023, battant déjà le Leinster en finale. Ce parallèle est fort. Samedi, beaucoup ont eu le sentiment d’assister à un « véritable passage de témoin » entre les grandes équipes françaises dominatrices de ces dernières saisons. Car cette fois, l’UBB n’a pas seulement battu le Leinster, elle l’a « écrasé physiquement, mentalement et techniquement ».
Malgré cette montée en puissance spectaculaire, le manager bordelais Yannick Bru garde les pieds sur terre. Il refuse de céder à l’euphorie et préfère tempérer : « On passe de l’invité surprise à quelqu’un qui confirme sa solidité à ce niveau. » Pour lui, le club reste encore loin du palmarès du Leinster, « une référence historique du rugby européen ». Il rappelle que la province irlandaise compte « quatre trophées et neuf participations à la finale », un sommet que Bordeaux n’a pas encore atteint.
Pourtant, difficile d’ignorer la nouvelle donne qui semble se dessiner. Pendant des années, le Leinster incarnait la machine parfaite du rugby européen. Mais samedi à Bilbao, les Irlandais ont paru dépassés dans presque tous les secteurs du jeu face à une UBB « beaucoup plus rapide, beaucoup plus puissante et beaucoup plus agressive ».
Avec deux Champions Cup consécutives, seize victoires européennes d’affilée et une finale totalement maîtrisée contre le tenant du titre, Bordeaux-Bègles semble bel et bien installé parmi les nouveaux patrons du rugby européen.







