Près de trois ans après le quart de finale haletant de la Coupe du monde 2023 opposant le XV de France à l’Afrique du Sud, l’arbitre néo-zélandais Ben O’Keeffe est revenu sur cette rencontre toujours au cœur des passions du rugby français.
Dans le podcast DSPN Rugby, O’Keeffe a longuement analysé son rôle durant ce match remporté d’un point par les Springboks, ainsi que les répercussions qu’il a dû affronter dans les jours qui ont suivi.
« J’étais la bonne personne pour arbitrer ce match », affirme-t-il avec conviction. Malgré les nombreuses critiques enregistrées après l’élimination des Bleus, l’arbitre ne regrette rien. « C’était un quart de finale opposant la France à l’Afrique du Sud, avec sans doute l’une des meilleures premières mi-temps de rugby auxquelles j’ai jamais assisté. J’ai adoré en faire partie. »
Certes, certaines décisions restent sujettes à débat, mais O’Keeffe relativise : « Une équipe perd d’un point. Les arbitres passent au crible les décisions, les entraîneurs, le public et la nation aussi. Ils les examinent en détail. » Il se dit toutefois fier de sa prestation : « On prend beaucoup de bonnes décisions pendant le match, tant sur le plan technique que pour le déroulement du jeu, mais on commet aussi des erreurs. Je suis toujours fier de la façon dont j’ai arbitré ce match, surtout au vu de certaines décisions que nous avons dû prendre, et je crois que j’étais la bonne personne pour l’arbitrer. »
Au-delà de l’aspect technique, c’est surtout la pression médiatique et populaire qui a marqué l’arbitre. « Ce que j’ai trouvé difficile dans les jours qui ont suivi, c’est le procès médiatique qui s’en est suivi, chargé d’émotion et tout à fait légitime d’ailleurs : une nation venait d’être éliminée d’une Coupe du monde, ce qui est probablement le plus grand événement sportif au monde. »
Ben O’Keeffe a ressenti cette tension intense partout où il allait. « L’analyse du quart de finale se poursuit, on y réfléchit, et les questions fusent. » Cette exposition a même pris une tournure invasive : « Je me souviens d’être en public, en train de marcher vers la salle de sport avec mes collègues arbitres, et les gens me filmaient. »
La polémique a également touché sa famille. « Ma sœur est passée à la douane, et on lui a demandé si elle était de ma famille. Elle n’était au courant de rien, elle était juste là pour me soutenir. Elle a donc répondu oui et s’est demandé pourquoi on lui jetait un regard un peu bizarre. »
Une situation délicate à gérer alors qu’il devait se concentrer sur la suite de la compétition. « Je devais en quelque sorte gérer tout ça pendant une semaine où, normalement, on passe tout son temps à se préparer pour le prochain grand match. »
Cette confession éclaire d’un nouveau jour les coulisses d’un match de légende, où l’arbitre a dû conjuguer maîtrise technique et résilience face à une pression hors norme.







