La Rochelle ne veut pas se contenter d’une simple qualification. Pour son capitaine Grégory Alldritt, la récente victoire en barrage face au Stade Français n’est qu’une étape vers un objectif plus ambitieux : poursuivre l’aventure en phase finale.
Après une période difficile, le club maritime aborde ce rendez-vous crucial à Paris fort d’une dynamique positive, avec six succès consécutifs en championnat. « On arrive avec de la confiance, au meilleur moment, même si on s’est fait peur. Pour une fois, depuis deux ans, le destin nous a souri et on a eu un petit coup de chance avec ce match remporté par Clermont à Bordeaux. Clairement, on prend », confie le troisième ligne à L’Équipe.
Cette métamorphose ne serait pas le fruit du hasard. « Ça fait plaisir, parce qu’il y a eu énormément de travail, énormément d’investissement et il y a énormément de qualité dans ce groupe. L’an dernier, ça avait été un mois de juin assez compliqué et là, on est content de pouvoir vivre cette phase finale », précise Alldritt. Selon lui, la clé réside dans l’évolution du style de jeu entamée fin février : « On a changé un petit peu notre façon de jouer. On a commencé fin février et petit à petit, ça se perfectionne. Et la saison prochaine, il faudra aussi le faire évoluer encore. »
Le capitaine rochelais balaie l’idée largement répandue selon laquelle son équipe n’aurait « rien à perdre » dans ce barrage. « Ça fait deux mois qu’on a tout à gagner. Tout le monde nous disait que ça allait être compliqué d’accrocher les huit. Maintenant, on rentre dans des phases finales », rappelle-t-il avant d’ajouter : « J’avoue que je n’aime pas cette phrase : “On n’a rien à perdre”. Parce que lundi, si on a perdu, on sera déçus. Autant que le Stade Français s’il s’incline. »
Sans équivoque, il martèle l’état d’esprit nécessaire : « Ce sont des phases finales, on ne les joue pas pour les perdre. Quoi qu’il se passe, dimanche soir, il y aura un heureux et un déçu. Personne ne sera content parce qu’il a perdu un barrage. » Et insiste : « Nous, on veut jouer des phases finales pour gagner nos matches. On se prépare pour gagner. Si on gagne, on passe à l’étape d’après. Si on perd, il faudra le digérer et repartir au travail. Il n’y a pas de satisfaction dans la défaite. »
Si les supporters se réjouissent déjà de la qualification, Alldritt refuse d’en rester là : « Les supporters seront contents parce qu’ils auront gagné une semaine de plus d’excitation. » Mais pour lui, la saison resterait insatisfaisante en cas d’élimination, qu’elle survienne ce week-end ou plus tôt : « J’exagère mais qu’on perde ce week-end ou qu’on ne soit pas qualifiés en barrage, au final, pour moi, ça a la même saveur sur la saison. »
Le message est clair : « Les saisons passent vite. On ne sait pas combien de phases finales on jouera encore. On a la chance d’y être. Donc, il ne faut pas avoir de petites ambitions. » En guise de défi à ses coéquipiers, il ajoute : « On a le droit de perdre au Stade Français. Mais ce que j’ai dit à l’équipe, c’est que si on perd, on perd en ayant tout essayé, en ayant attaqué du début à la fin, et en laissant tout ce qu’on a sur le terrain. »
Habitué des grands rendez-vous, Alldritt estime paradoxalement que son rôle de capitaine est plus simple en phase finale : « J’ai souvent tendance à dire que c’est là où c’est le plus facile d’être capitaine. » Pourquoi ? « On a tellement une équipe de compétiteurs qu’il n’y a même pas besoin de parler pour motiver les joueurs. Tout le monde est sur la même longueur d’onde. »
Son objectif ? « Au contraire, j’essaye presque d’amener un petit peu de relâchement et une bouffée d’air. » Car selon lui, les moments les plus difficiles se vivent loin des projecteurs : « C’est plus compliqué quand tu es au creux de l’hiver et qu’il faut trouver des solutions parce que tu n’y arrives plus. »
Enfin, la série de six victoires consécutives a profondément renforcé la confiance au sein du groupe : « Ça nous apporte un petit peu de confiance, dans la stratégie, dans notre méthodologie des semaines, dans le staff. » Cette assurance se ressent également sur le terrain : « Du coup, l’exécution le week-end, elle se passe un petit peu mieux aussi. » Mais sans excès d’optimisme : « Après, les séries de victoires, c’est fait pour s’arrêter. Il ne faut pas trop regarder ce qui a été fait derrière et plutôt regarder devant. »
Grégory Alldritt et La Rochelle l’ont bien compris : la route s’arrête à la victoire, rien d’autre.







