
De retour à Perpignan cet été, Enzo Forletta connaît parfaitement le défi qui attend l’USAP. Le pilier gauche retrouve un club qui a encore dû passer par l’access-match pour conserver sa place en Top 14 et estime que les Catalans ne pourront pas se contenter de travailler comme leurs concurrents.
Pour combler le retard accumulé, l’ancien Montpelliérain réclame davantage d’exigence au quotidien et s’appuie sur une expérience qu’il a lui-même vécue au MHR.
Avant même de parler de résultats, Forletta insiste sur la quantité de travail encore nécessaire. Il ne sait pas encore exactement où se situe l’USAP avant son déplacement chez le Stade Français, mais considère que le potentiel de cette équipe ne pourra être atteint qu’au fil des mois.
Le nouveau pilier catalan refuse ainsi de tirer des conclusions avant même la première journée. Il s’est confié dans L’Indépendant :
« C’est difficile à savoir. Mais il y a beaucoup de travail fait par cette équipe. Et il faudra travailler tout le long de l’année pour atteindre le plein potentiel de cette équipe. Après, on va chez le demi-finaliste de l’année dernière, donc c’est un énorme test pour nous qui étions en access-match. On va donner tout ce qu’on peut, on va essayer de mettre en place ce qu’on a travaillé, mais on y va dans une intention de donner tout ce qu’on a. Je pense qu’aujourd’hui, on doit avoir cette mentalité-là. »
« Il faut travailler tous les jours et en faire un peu plus »
Cette mentalité, Forletta la résume par deux mots : exigence et constance.
Pour le joueur formé à Perpignan, la situation récente du club impose même d’en faire davantage que les autres. L’USAP ne peut pas espérer combler son retard en travaillant simplement au même rythme que des équipes déjà installées plus haut dans la hiérarchie.
Son constat sur la situation catalane est particulièrement direct :
« Oui. Pour être performant, il faut être sérieux et intransigeant. C’est difficile parce qu’il faut être connecté tous les jours. Avec la fatigue, on verra comment se déroulera la saison, mais il faut avoir cette mentalité. Quand tu es dernier du championnat depuis plusieurs saisons, il faut travailler tous les jours et en faire un peu plus. »
Forletta sait surtout de quoi il parle. Avant son retour à Perpignan, il a connu une situation comparable à Montpellier. Lors de la saison 2023-2024, le MHR avait dû sauver sa place dans l’élite en passant lui aussi par l’access-match.
Une expérience dont il veut aujourd’hui faire profiter ses nouveaux coéquipiers.
Selon lui, les équipes installées en Top 14 disposent déjà d’une longueur d’avance qu’il faut parvenir à combler :
« Et je le dis parce que je l’ai vécu aussi avec Montpellier. Toutes les équipes en Top 14 travaillent. Elles sont préparées et elles ont déjà de l’avance par définition. Pour rattraper ce retard, il faut avoir la tête dans le guidon tout le temps. Rien lâcher ! C’est ce que je pense qu’il faudra faire. »
L’exemple de Montpellier pour convaincre l’USAP
Le plus difficile sera peut-être d’accepter que cette transformation ne produise pas immédiatement des résultats.
C’est précisément le message que Forletta veut transmettre. Une amélioration du travail quotidien peut mettre plusieurs mois avant de devenir réellement visible le week-end.
Il demande donc à l’USAP de ne surtout pas abandonner si les premières semaines sont difficiles :
« Même si ce n’est pas ce week-end, ni le week-end d’après, il ne faudra rien lâcher pour passer ce cap. Plus il y aura de qualité continuellement aux entraînements, plus ça va se sentir sur le terrain. »
Son passage à Montpellier lui sert encore une fois de référence. Après l’access-match, les progrès du MHR n’avaient pas immédiatement été récompensés par les résultats. Mais Forletta avait constaté une évolution profonde du travail effectué par le groupe.
Et il rappelle que cette progression avait fini par porter ses fruits :
« C’est ce qui est arrivé quand j’étais à Montpellier quand on a joué l’access-match. L’année d’après, ça ne s’est pas forcément vu, mais le groupe travaillait beaucoup mieux, mais ça ne se voyait pas le week-end. L’année d’après, comme par hasard, on est en finale. Je ne suis pas là pour parler de Montpellier, mais si j’ai une expérience à donner, c’est par rapport à ça. »
Pour l’USAP, le message de sa recrue est donc limpide : le retard ne se comblera pas en quelques semaines. Forletta réclame une exigence permanente, même lorsque les résultats ne permettront pas encore de mesurer les progrès réalisés.







