
L’USAP ne pouvait guère espérer une entrée en matière tranquille. Après avoir dû passer par l’Access match pour conserver sa place dans l’élite, Perpignan débutera sa nouvelle saison samedi sur la pelouse du Stade Français, demi-finaliste du dernier Top 14.
Un premier rendez-vous qu’Enzo Forletta qualifie d’« énorme test », notamment en raison de la puissance de la mêlée parisienne.
Revenu cet été dans son club formateur, le pilier gauche mesure parfaitement l’écart que les Catalans vont devoir combler. Malgré le recrutement ambitieux réalisé durant l’intersaison, Forletta estime encore difficile de déterminer le véritable niveau de cette nouvelle USAP.
Il veut avant tout voir son équipe appliquer le travail effectué pendant la préparation. Il s’est confié pour L’Indépendant :
« C’est difficile à savoir. Mais il y a beaucoup de travail fait par cette équipe. Et il faudra travailler tout le long de l’année pour atteindre le plein potentiel de cette équipe. Après, on va chez le demi-finaliste de l’année dernière, donc c’est un énorme test pour nous qui étions en access-match. On va donner tout ce qu’on peut, on va essayer de mettre en place ce qu’on a travaillé, mais on y va dans une intention de donner tout ce qu’on a. Je pense qu’aujourd’hui, on doit avoir cette mentalité-là. »
« Il va falloir redoubler d’efforts »
Pour Forletta, une bataille s’annonce particulièrement révélatrice : la mêlée.
Le Stade Français possède l’un des packs les plus redoutés du championnat. Et le pilier catalan ne cherche absolument pas à minimiser la difficulté qui attend Perpignan à Jean-Bouin.
Il estime même que rivaliser nécessitera d’aller au-delà des standards habituels :
« Ça l’est pour toutes les équipes qui vont jouer contre le Stade Français ! C’est, en effet, l’une des plus grosses mêlées du championnat. Il va falloir redoubler d’efforts et aller chercher quelque chose de plus pour pouvoir ne serait-ce que rivaliser avec eux. Ça va être un énorme test, quoi qu’il arrive, mais pour toutes les équipes qui vont aller chez eux. »
Un défi qui concernera particulièrement Forletta. L’ancien Montpelliérain fait partie des joueurs expérimentés recrutés cet été pour apporter davantage de leadership à un groupe qui veut enfin s’éloigner durablement de la lutte pour le maintien.
Mais le pilier refuse que cette expérience lui accorde automatiquement un statut particulier.
« Parler et ne pas avoir d’actes, ça ne sert à rien »
Forletta attend d’abord des nouvelles recrues qu’elles justifient leur statut sur le terrain. Pour lui, impossible de prétendre tirer un groupe vers le haut sans commencer par être soi-même irréprochable.
Son message concernant le leadership est particulièrement clair :
« C’est juste déjà le rôle que tout joueur doit avoir : si on prétend donner une expérience en plus, il faut montrer l’exemple. Parler et ne pas avoir d’actes, ça ne sert à rien. Je pense que c’est toujours ce que j’ai prôné durant ma carrière. Quand je voyais des joueurs qui ne montraient pas l’exemple et qui parlaient, ils pouvaient parler pendant dix ans… Donc c’est aux joueurs, aux recrues, de montrer et d’être à leur meilleur niveau. Mon rôle c’est donc d’être au meilleur de mon niveau pour prétendre apporter quelque chose à cette équipe. »
Pour Forletta, ce déplacement à Paris doit justement permettre de mesurer immédiatement ce que vaut la nouvelle USAP face à l’une des références du championnat.
Et après plusieurs années loin de Perpignan, le pilier attend également avec impatience un autre moment : son retour à Aimé-Giral sous le maillot sang et or.
Même la nouvelle pelouse du stade ne lui a pas échappé :
« Oui, bien sûr. Il me tarde de retrouver le stade. Il y a une pelouse magnifique maintenant en plus. Ça a changé, c’est bien que ça évolue dans le bon sens. »







