L’Aviron Bayonnais, autrefois la révélation éclatante de la saison dernière, traverse une crise sans précédent. La lourde défaite à domicile contre la Section Paloise (22-54) symbolise le revers brutal subi par le club basque, désormais onzième au classement et condamné à renoncer à ses ambitions européennes.
Malgré un maintien qui semble assuré, notamment grâce aux difficultés de Perpignan et Montauban, les problèmes sont profonds. Entre une instabilité en coulisses et des performances décevantes sur le terrain, Bayonne doit impérativement se relever pour éviter une fin de saison morose.
Pour Arthur Iturria, capitaine de l’équipe, cette chute résonne comme un « coup de massue ». Dans un entretien accordé à Sud-Ouest, il a confié : « C’était un match charnière pour aller chercher quelque chose sur la fin de saison, peut-être la 8e place qui, au vu de notre saison, aurait été déjà un exploit. C’est un coup de massue. Certes, il ne faut pas abandonner, mais on sait que tout s’éloigne. Tu vas à l’entraînement pour viser des choses que tu n’as pas envie de viser. »
Le mirage d’un début de saison prometteur a rapidement volé en éclats. Malgré dix-neuf succès consécutifs à Jean-Dauger la saison dernière, les failles sont apparues dès l’été. Selon Iturria, « ce début de saison, c’était l’arbre qui cachait la forêt. Honnêtement, de l’intérieur, je le sentais, je ne vais pas le cacher. À Perpignan (19-21), heureusement qu’on y va au premier match. Si on y va maintenant, on perd. On gagne aussi deux matchs sur le fil, Stade Français et Montpellier (26-23). S’ils basculent dans l’autre sens, aujourd’hui, on n’est pas à la même place. Et on ne parle pas de la même chose. Ce bon début de saison n’était pas vraiment très bon non plus. »
La crise est aussi une question de gouvernance. Le départ précipité de Grégory Patat en février dernier a profondément déstabilisé l’équipe. Laurent Travers, revenu sur le terrain, et Ged Fraser, promu manager, tentent tant bien que mal de maintenir la cohésion. Ce dernier souligne également l’usure physique et une certaine suffisance : « Nous ne sommes pas la première équipe en Top 14 à vivre ça. Montpellier l’a vécu il y a quelques années. C’est le Top 14, un championnat très, très dur. Il y a plein de facteurs qui expliquent cela. On a dû tirer sur certains joueurs parce que d’autres étaient blessés ou pas prêts à jouer. Pour moi, notre début de saison est positif, même si je nous ai trouvés un peu fatigués, peut-être parce qu’on a vécu une présaison plus courte. Et mentalement, on pensait peut-être que cette nouvelle saison allait se faire toute seule, sans aller chercher les efforts supplémentaires pour y arriver. »
La confrontation face à une Section Paloise solide a été un électrochoc, révélant l’écart entre Bayonne et les équipes du haut de tableau. Le capitaine ne fait pas de concessions : « Les Palois sont prêts à jouer les premières places. Nous, on a le discours de vouloir les jouer mais on n’est pas encore prêts à ça. C’est une année sans, une année très compliquée. C’est dur d’être haut et de tomber aussi bas. Mais on a ce qu’on mérite. On n’a sûrement pas dû bien basculer, bien préparer cette saison. À nous d’en tirer les conclusions en fin de saison. Il va falloir le faire très correctement pour pouvoir rivaliser parce que l’année prochaine, ce sera encore plus dur. »
Avec trois déplacements majeurs à Toulon, Lyon et Paris, l’Aviron Bayonnais n’a désormais qu’un objectif : sauver l’honneur et préparer un environnement plus stable et plus compétitif pour la saison 2026-2027.






