L’ouvreur de Bath, Finn Russell, s’est confié à Midi Olympique avant la demi-finale de Champions Cup face à l’Union Bordeaux-Bègles ce dimanche.
Interrogé sur la récente élimination du Stade Toulousain par l’UBB en quart de finale, Russell ne se dit pas surpris par la performance des Bordelais. « Si on regarde le classement du Top 14 maintenant, on peut se dire que c’est Toulouse qui a gagné le plus de rencontres mais je ne pense pas que ce soit une surprise que l’UBB ait gagné. Ils jouent vraiment un bon rugby. En Top 14, ils ont lâché quelques matchs dernièrement, mais ça n’a pas eu d’impact sur leur jeu. Donc je ne vais pas parler vraiment de surprise. Ils ont très bien défendu face à Toulouse dans leurs propres 22 mètres et dès qu’ils ont eu une opportunité, ils ont su la saisir. Pour avoir remporté la Champions Cup l’an dernier, Bordeaux sait ce qui se passe pendant ces gros matchs. Ça sera un gros challenge pour nous ce week-end. »
Malgré la pression inhérente à ce type de rencontre, Russell reste lucide et enthousiaste à l’approche de cette demi-finale. « Parfois, il y a bien sûr un peu plus de pression en demi-finale parce qu’on veut tous atteindre cette finale. Mais il s’agit surtout de s’assurer que nous jouons pleinement chaque rencontre, sans nous laisser emporter par l’enjeu. Nous avons déjà connu cette situation l’an dernier, donc nous savons à quoi nous attendre. Nous ne voulons pas nous ajouter de pression inutile. Nous connaissons les enjeux et nous allons essayer de jouer comme nous le faisons chaque week-end. Pour moi, personnellement, c’est toujours agréable de disputer ce type de rencontre : c’est fun et c’est génial de pouvoir jouer des demi-finales ou des finales de grandes compétitions. Je garderai le sourire ce week-end, quoi qu’il arrive. »
Remporter la Champions Cup représenterait un accomplissement personnel important pour le joueur écossais, jamais sacré jusqu’ici. « Ça représenterait beaucoup de choses. Nous avons été tellement proches lorsque j’étais au Racing 92, lors d’une finale que nous aurions potentiellement dû gagner (en 2020, face à Exeter, N.D.L.R). C’est toujours difficile d’échouer si près de la ligne d’arrivée. On a toujours envie d’y revenir et d’avoir une nouvelle opportunité de gagner. Ce serait vraiment formidable de décrocher un titre, c’est un objectif personnel. Mais je ne veux pas m’ajouter de la pression inutile. Si ça arrive, tant mieux, mais pour l’instant, nous restons concentrés sur le match de ce week-end et nous jouerons comme nous l’avons fait toute la saison. Espérons que ce sera suffisant pour nous qualifier en finale. L’UBB est une équipe magnifique, championne en titre. Je ne pense pas que ce soit une pression particulière pour nous d’être le dernier club anglais encore en lice. C’est un vrai défi que nous acceptons. Chaque équipe veut jouer ce type de match. Il y a deux clubs français, un irlandais et un anglais : tout le monde est représenté. Cela n’ajoute pas de pression supplémentaire. »
Enfin, Finn Russell explique avoir dû adapter son style de jeu depuis son arrivée à Bath, où l’approche est plus contrôlée qu’à ses précédents clubs. « J’aime toujours tenter des passes que d’autres ne peuvent pas voir. En arrivant à Bath, j’ai découvert un autre type de rugby, avec un peu plus de contrôle… J’ai dû trouver le bon équilibre. Cela fait partie de mon jeu. Ce n’est pas perdu, mais l’état d’esprit à Bath est un peu différent, peut-être un peu moins fantasque. Si l’occasion se présente ce week-end, on essaiera de faire un peu de spectacle. Mais je ne veux pas non plus me faire intercepter sur des passes risquées. Il faut trouver le bon équilibre. Ce week-end, peut-être que l’occasion se présentera de tenter davantage, mais il faudra aussi sans doute jouer beaucoup au pied. Même si j’adore le spectacle, je joue un peu plus au pied maintenant. C’est peut-être parce que je suis un peu plus vieux aussi. »







