Le Castres Olympique (CO) connaît une saison difficile et terminera l’exercice sans enjeu, après avoir assuré son maintien mais manqué la qualification pour les phases finales du Top 14.
Dans une interview accordée à La Dépêche, le président Pierre-Yves Revol dresse un bilan sévère de cette campagne décevante. « Nous sommes sur la corde raide depuis un moment. Cette saison a mal démarré avec notre défaite inaugurale contre la Section Paloise et nous n’avons jamais été en mesure, malgré quelques réactions positives, notamment en Coupe d’Europe, d’assumer nos ambitions avec autorité. Pour atteindre son objectif, il vaut mieux être dans les clous le plus vite possible et ne pas courir le risque d’être à la merci de la moindre contrariété. »
Il pointe notamment une décision arbitrale défavorable lors du match face au Stade Toulousain : « Je pense que le carton jaune d’Arata, sans doute injustifié contre le Stade Toulousain, a été cette contrariété. Mais on ne peut se réfugier derrière ce fait de jeu et rien ne dit que, sans lui, nous aurions finalement battu le Stade puis le LOU et encore moins Pau et le MHR. » La déception la plus marquante reste toutefois la défaite à Lyon, où « une domination manifeste mais stérile » n’a pas suffi à concrétiser les temps forts.
Pierre-Yves Revol ne cache pas sa frustration sur la prestation des joueurs : « Lyon, c’est pour moi le match qui fait définitivement basculer notre saison dans le négatif. Avec autant de munitions, contre une équipe dans le doute, nous avons été incapables de concrétiser nos temps forts. On peut avoir une conquête propre, multiplier les temps de jeu, on peut avoir un bon état d’esprit et un groupe très sympathique, mais cela ne suffit pas. En tout cas pour un club qui se dit ambitieux. »
Pour le président, l’efficacité et la quête de performance doivent devenir « une obsession » : « Nous avons, de ce côté-là, de gros progrès à faire. Pour tout vous dire, ce match, je ne l’ai pas encore digéré. Ceux de Pau et de Montpellier, c’est différent et, compte tenu de la situation respective des clubs, plus logique. Ils ont aussi révélé deux lacunes trop manifestes cette saison : la discipline à Pau et la défense contre le MHR. »
Malgré ce contexte tendu, Pierre-Yves Revol exclut tout changement de manager et refuse de faire porter la responsabilité de la contre-performance sur Xavier Sadourny. « Le coach en est conscient. Il n’a jamais fui ses responsabilités dans la difficulté et, pour moi, c’est important. Contrairement peut-être aux apparences, c’est un caractère bien trempé. Il ne s’est jamais réfugié derrière les blessures ou les méformes à des postes importants pour justifier nos insuffisances. Il reste très combatif et veut redresser la situation. »
« Dans certaines situations compliquées, je n’ai pas hésité à changer de manager. Mais pas là. Tout au contraire, j’ai envie de lui laisser la chance de rebondir avec son groupe, en lequel il croit, et de nous prouver que notre équipe peut faire beaucoup mieux. J’en ai aussi la conviction et l’apport d’un nouveau leader comme Dalton Papali’i fera du bien au collectif. »
Pour l’avenir, le président se montre confiant et attentif à la reconstruction du club : « La situation est difficile pour tous, mais le CO peut survivre à une saison décevante, il a déjà connu cette situation et cela arrive à beaucoup d’équipes. La Section Paloise, qui n’est pas l’équipe la moins bien lotie, va se qualifier pour la première fois de son histoire pour la phase finale du Top 14. Vous imaginez la patience qu’il a fallu à ce club ! »
Il insiste sur la forte concurrence qui pousse les clubs à se réinventer chaque saison : « D’autres grands clubs vont aussi rester cette saison au bord du chemin et il n’échappe à personne que ce sera chaque saison le cas, compte tenu d’une densité jamais connue en Top 14. »
Enfin, Pierre-Yves Revol se projette déjà dans la saison prochaine avec détermination : « Le CO doit, dès la saison prochaine, retrouver son statut d’outsider et assumer ses ambitions. Pas question de se contenter de jouer les faire-valoir et je me projette déjà dans la saison prochaine avec d’autant plus d’enthousiasme qu’il s’agit de se relever d’un échec. Personne n’attendra le CO, mais nous ne sommes pas près d’abdiquer. Rendez-vous la saison prochaine. »







