Laurent Marti, le président qui a sauvé l’Union Bordeaux-Bègles
Aujourd’hui, l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) est un club phare du rugby européen, disputant des finales continentales, remplissant les tribunes de Chaban-Delmas et enflamment toute une région. Pourtant, il y a seize ans, l’avenir du club semblait bien plus incertain. Patron de l’UBB depuis 2007, Laurent Marti a révélé qu’en 2010, il avait failli tout abandonner.
À cette époque, le club restait un modeste acteur du rugby français, installé à Bègles avec des moyens très limités, presque sans sponsors et un stade aux tribunes clairsemées. Épuisé financièrement et mentalement, Laurent Marti confiait dans L’Équipe : « En 2010, je ne pouvais plus continuer. Je perdais trop d’argent et je n’étais pas assez aidé. J’étais à bout. J’avais convoqué une conférence de presse pour communiquer ma décision au bout d’un mois et demi de réflexion. »
Prêt à jeter l’éponge, il rédige même un mail à ses soutiens : « Je vous remercie mais je m’apprête à annoncer que j’arrête. » Ce message aurait pu signer la fin de l’UBB. Mais quelques minutes plus tard, tout a basculé.
Le coup de fil qui a tout changé
Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, appelle Laurent Marti et le pousse à poursuivre : « Laurent, je sais que vous allez annoncer votre décision. Il n’est pas question que vous arrêtiez. Je vous promets que je vais vous aider. » À peine le temps de digérer cet encouragement qu’un second appel confirme un accord avec l’entreprise Fayat pour soutenir financièrement le club.
Ce double appel redonne confiance au président qui raconte avec émotion : « En une minute, j’ai changé d’avis et j’ai annoncé à la presse que je continuais. Je ne doutais pas que ça allait marcher un jour mais ça commençait à me coûter trop cher. Un an plus tard, le club est monté en Top 14. Le plus beau jour de ma vie rugbystique jusqu’à la finale de Champions Cup l’an dernier. »
L’UBB récupère alors 500 000 euros supplémentaires de sponsoring, une somme colossale pour l’époque.
Un pari sportif gagnant
Face à cette manne financière inattendue, Laurent Marti hésite entre limiter les pertes ou miser tout sur un dernier grand pari sportif. Il choisit la seconde option : « Heureusement, je suis allé au bout du truc. C’est la meilleure décision que j’ai prise. »
Cette stratégie porte ses fruits : un an plus tard, l’UBB accède au Top 14, amorçant une métamorphose spectaculaire.
De la débâcle à la réussite
Revenant sur cette période difficile, Laurent Marti mesure le chemin parcouru : « On vivait à Bègles sans infrastructures, avec un sponsoring très maigre, 2 000 spectateurs au stade alors que les Girondins de Bordeaux cartonnaient. » Et d’ajouter : « On n’avait que des vents contraires à part la passion. »
Aujourd’hui, le club est un acteur incontournable du rugby européen. Tandis que Bordeaux rêve d’une deuxième étoile continentale, on peut difficilement imaginer que ce simple coup de téléphone ait sauvé toute l’histoire de l’UBB.







