Ce samedi, Maxime Machenaud a fait son retour sur les pelouses du Top 14 sous les couleurs de l’Aviron Bayonnais. Un come-back toutefois marqué par une performance difficile face au Stade Français Paris, qui lui a valu d’être listé parmi les FLOPS de Midi Olympique.
La veille du match, dans une interview accordée à Sud-Ouest, le demi de mêlée s’était confié sur son rapport à la préparation physique et à sa carrière. « C’est une certaine drogue, oui. Par le passé, j’étais addict. Je le suis moins. J’ai réussi à trouver un équilibre pour ne pas trop en faire. Quand tu ne penses qu’à ça, ce n’est pas bon pour la tête. Et ça te coupe aussi le lien social. Parfois, les gens ne te comprennent pas », expliquait-il.
Machenaud a également évoqué la difficulté d’être parfois en décalage avec ses coéquipiers, notamment sur son mode de vie. « Je n’ai pas toujours eu l’impression d’être compris mais avec l’âge, le regard des autres ne me dérange plus », a-t-il déclaré.
Surtout, l’ancien joueur du Racing 92 a fait part de son éloignement quasi total avec l’alcool, un choix qui peut le mettre à l’écart dans un univers où la fête occupe une place importante. « Je dois boire trois ou quatre fois par an, pas plus. Je me suis rendu compte que je buvais de l’alcool pour faire comme tout le monde. Je n’aime pas forcément ça, et c’est tellement contradictoire avec le sport de haut niveau… » ajoute-t-il.
Malgré tout, Machenaud affirme comprendre la dimension festive propre au rugby amateur, notamment dans le Sud-Ouest : « Attention, je suis pour qu’il y ait des bringues et des troisièmes mi-temps dans le rugby amateur. Il faut garder ce truc mais il y a des moments pour le faire pour ne pas que ça impacte ta performance. Chacun a une conscience professionnelle différente. Je ne suis pas du tout dans le jugement des mecs. Je peux comprendre, surtout dans le Sud-Ouest, où ce côté festif est ancré dans la culture. J’ai connu des pays où c’était vraiment de l’excès pour l’excès. »
Reculant face à cette distance sociale, il a trouvé un autre terrain d’échange : « Oui, c’est pour ça que j’essaie de compenser avec ma présence au café le matin. J’essaie de discuter avec les mecs dans un autre contexte que la fête. Ça ne me dérange pas de ne pas boire même si je sais que ça participe à créer des souvenirs, des anecdotes. Je préfère juste les créer sur le terrain. »
Enfin, sur sa longévité dans le rugby, Machenaud affiche une motivation intacte et une philosophie claire : « Moi, j’ai vraiment envie de jouer au rugby parce que j’aime ce sport. Pourquoi arrêter si tu peux continuer et que ton corps et ta tête te disent que tu peux ? Pour ne pas faire l’année de trop ? Je n’y crois pas du tout. De trop pour qui ? Ça ne veut rien dire. Dans dix ans, personne ne te parlera de ça. »







