Grâce à sa victoire contre Mont-de-Marsan, le Stade Niçois a décroché son billet pour la Pro D2 la saison prochaine, un exploit majeur pour une équipe qui n’était pas donnée favorite.
Jean-Baptiste Aldigé, l’entraîneur du club et ancien président du Biarritz Olympique, a exprimé sa fierté auprès de Midi Olympique : « C’était le projet. Aujourd’hui, on avait monté une équipe de Pro D2 pour jouer en Nationale afin de pouvoir monter et se maintenir si jamais ça le faisait. C’était une saison difficile parce que ce n’est quand même pas le même rugby, pas le même arbitrage. Les joueurs qui ont pris le risque de me rejoindre sur le projet de Nice alors qu’ils évoluaient en Top 14 et Pro D2 sont récompensés du risque qu’ils ont pris. »
Aldigé n’a pas manqué de tacler certains clubs traditionnels qu’il accuse de freiner l’essor des nouveaux clubs : « La finale, on l’avait tous vue. C’était un moment très compliqué. Il fallait comprendre comment on avait pu faire ça. Et aujourd’hui, je suis content parce que le travail est accompli. J’entends par là le travail à l’entraînement, la préparation, mais surtout le recrutement d’une équipe qui, aujourd’hui, si elle avait joué en Pro D2, aurait pu évoluer dans le milieu de tableau de la division. On voit le résultat sur un terrain. Ça n’avait jamais été fait que l’équipe de Nationale batte l’équipe de Pro D2. Une petite équipe de Pro D2 peut donc perdre contre l’équipe que nous avions montée. À la fois pour nous, c’est beaucoup de bonheur, et aussi notre victoire donne beaucoup d’espérance pour le reste du rugby français. »
« Car aujourd’hui, il y a des vieux clubs traditionnels – on ne peut pas les citer –, qui ont mis en place des règles pour empêcher les nouveaux territoires de monter en Pro D2 et d’arriver à ce niveau-là. Je pense qu’on vient d’ouvrir une brèche d’espoir pour de nouveaux territoires : Lille, Genève, Nantes, Orléans, qui demain pourront eux aussi aspirer à ce rugby professionnel. Ce n’était pas qu’un match aujourd’hui, mais aussi la réalisation de tout ça », ajoute-t-il.
Enfin, Aldigé a tenu à répondre aux critiques venues de Mont-de-Marsan, marquant ainsi un règlement de comptes : « Dans le rugby, tous ceux qui savent connaissent la raison. On a fait ça avec Guillaume Rouet (le demi de mêlée, N.D.L.R.), c’est une dédicace à certaines choses qui se sont passées il y a quelques années à Bayonne (les Montois avaient été accusés de chambrer l’Aviron bayonnais où évoluait à l’époque Rouet, N.D.L.R.). Cette semaine, j’ai entendu beaucoup de mecs qui ne sont plus à Mont-de-Marsan, qui entraînent à gauche et à droite, expliquer, raconter, faire des commentaires. »
Il conclut en taclant l’arrogance supposée des Montois : « Mont-de-Marsan est un immense club, cent ans d’existence, mais les Montois étaient très sûrs d’eux, sûrs de gagner, c’était de la fausse humilité. La preuve, ils avaient déjà organisé un match amical le 18 août contre Narbonne, date de la première journée de Nationale. Bon, je crois que c’est nous qui allons le faire, ce match amical. Voilà, c’est le karma. »







