Courtney Lawes s’apprête à quitter le CA Brive pour rejoindre les Sharks de Sale, tournant ainsi une nouvelle page de sa carrière amorcée il y a deux saisons en France. Le troisième ligne anglais, fort de 105 sélections en équipe nationale, dresse un bilan honnête de son expérience en Pro D2, mêlant progrès personnel, exigences du jeu français et perspectives internationales.
Au cours de ses 43 matchs sous les couleurs brivistes, Lawes a revu son propre niveau à la hausse et redéfini son rôle sur le terrain. « Je suis un meilleur joueur aujourd’hui qu’au moment où j’ai quitté l’Angleterre. » Dans un entretien accordé au *Telegraph*, le joueur de 37 ans souligne l’impact significatif de son passage en Corrèze, tout en pointant les difficultés d’adaptation à un championnat au style très particulier.
Lawes décrit la Pro D2 comme un rugby « très différent », marqué par une structure « beaucoup plus souple » et un jeu « moins structuré » que celui qu’il connaissait en Angleterre. « Je ne pense pas que les gens se rendent compte à quel point il est difficile de jouer dans un endroit comme celui-ci, ou peut-être dans un championnat comme celui-ci, ou le Top 14, explique-t-il. Ici, les joueurs sont entraînés à être plus performants individuellement que collectivement, et c’est assez difficile à gérer et à intégrer. »
Au-delà de ces contraintes, Lawes souligne l’apport majeur de cette expérience française, notamment sur le plan tactique et défensif. « Cela m’a aidé à développer mon intelligence de jeu sur le terrain, à communiquer, à aider les autres à se positionner au mieux pour que je puisse les utiliser, ou qu’ils puissent m’aider. […] J’ai pu travailler énormément cette année sur la défense, les touches et les rucks. J’ai gratté le plus de ballons de toute la compétition lors des deux saisons, ce qui est plutôt cool pour un grand gaillard comme moi. […] La défense en touche a été un peu différente aussi, car j’ai pu prendre plus de responsabilités, étant donné qu’il faut être plus individuel dans ce championnat. J’ai pu perfectionner certaines compétences que je possédais déjà, mais j’ai pu les améliorer. »
Ces propos s’appuient sur des chiffres éloquents : avec 13 ballons volés en touche cette saison, Lawes s’est imposé comme le deuxième meilleur gratteur de Pro D2. Une progression qui l’encourage à envisager, à 37 ans, un possible retour en sélection anglaise, à deux ans de la Coupe du monde 2027 en Australie. « Je retourne en Premiership pour jouer à un haut niveau, alors pourquoi m’exclure d’une Coupe du monde ? Ça ne veut pas dire que j’ai encore la capacité de jouer à ce niveau, on ne sait pas encore, mais je ne vais pas m’empêcher si c’est le cas. »
Au-delà de sa carrière professionnelle, l’Anglais a également observé le développement de la formation en France, notamment à travers l’expérience de ses enfants dans les clubs locaux. Selon lui, cette exposition régulière des jeunes au jeu les rend « plus sollicités et plus régulièrement exposés au jeu que leurs homologues anglais », contribuant ainsi à façonner le rugby de demain.
Avec cette riche expérience française, Courtney Lawes quitte la Pro D2 grandi, prêt à relever de nouveaux défis dans le Top 14 avant, peut-être, de rêver à un dernier chapitre avec l’équipe nationale.







