Santiago Chocobares confie son stress intact avant les phases finales avec le Stade Toulousain
À 27 ans, Santiago Chocobares a déjà participé à quatre finales avec le Stade Toulousain. Pourtant, malgré son expérience et son statut de joueur clé, l’international argentin continue de vivre ces rendez-vous avec une intensité émotionnelle remarquable.
À quelques jours de la demi-finale contre le Racing 92, le centre s’est livré à RMC Sport sur son ressenti avant ces moments cruciaux. Une déclaration sincère qui révèle un visage rarement exposé des athlètes d’élite.
« L’expérience des phases finales, je l’ai appris ici. Parce qu’avant, je n’avais pas joué beaucoup de finales. J’en ai juste disputé deux en Argentine, avec mon club amateur. Et la première de ma vie, je l’ai perdue. Après, j’ai commencé à gagner. Ça, c’est l’expérience. Pourtant, perso, je ne suis pas si calme quand arrive la phase finale. »
Malgré ses succès, Chocobares admet qu’il est incapable d’aborder ces rencontres avec sérénité. Selon lui, ce stress fait partie intégrante du plaisir de jouer au rugby. « Mais on joue au rugby pour ce genre de sensations. Pour sentir un peu le mal au ventre, les mains qui commencent à transpirer. Le jour où je ne sentirais rien, c’est le jour où je vais arrêter. »
L’excitation grandit au fil de la semaine, et une fois chez lui, le Toulousain peine à se détendre. « C’est très joli. Très, très, très joli tout ce qui entoure un match comme ça. C’est une chose magnifique à vivre. Mais quand même… Moi, et toute la journée avant dans la semaine, avec l’excitation, quand je rentre chez moi, je ne sais pas, je ne peux pas me relâcher, être tranquille comme ça. Je tourne en rond. » Dans ces moments, il puise du réconfort auprès de ses proches, appelant amis et famille pour apaiser son agitation.
Une des révélations les plus marquantes concerne la finale remportée la saison dernière. La veille de ce grand rendez-vous, Chocobares a passé la nuit blanche, incapable de trouver le sommeil. « Avant la finale de l’année dernière, la veille, je n’ai pas dormi. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, j’ai fait une nuit blanche. » Même sa tentative de sieste le jour J a échoué. « Le matin, il me dit : ‘Oh, t’as bien dormi ?’ ‘Non, écoute, je n’ai pas dormi. Je vais essayer de faire la sieste.’ Parce que le match est à 21h. On a été déjeuner à midi, j’ai essayé de faire la sieste un peu. Mais pareil, rien. »
Pour mieux gérer cette tension, Chocobares apprécie la compagnie de coéquipiers au calme rassurant. « C’est pour ça que je préfère être avec des mecs qui sont plus calmes. » Il cite notamment Peato Mauvaka et Rodrigue Neti : « Par exemple, tu as des joueurs comme Peato Mauvaka ou Rodrigue Neti, tu les vois la veille du match, ils rigolent ! Ils ont la banane ! C’est bien. Parce que ça te transmet le calme et la tranquillité. »
Cette passion débordante prend racine dans son héritage argentin. « J’ai grandi en regardant les Pumas ou la sélection argentine de football. Des choses comme ça, très passionnées. » Une culture qui lui a enseigné l’engagement total. « Il faut y aller à 100 %. Tu ne peux pas y aller à 90 %. Physiquement, peut-être, mais mentalement, il faut y aller à 100 %. »
Arrivé à Toulouse il y a plusieurs saisons, Chocobares affiche un attachement fort au club. Porter le maillot rouge et noir est pour lui un honneur. « Quand tu joues dans un endroit où tu es bien, où tu es à l’aise, où les gens te respectent, tu vas défendre ton maillot à plus de 100 %. Avec ta vie, avec ton cœur, avec tout ce que tu as. » Il conclut avec fierté : « Je suis très fier d’être ici et je suis très content de porter le maillot du Stade Toulousain. »
Vendredi soir à Marseille, face au Racing 92, Chocobares retrouvera une nouvelle fois ces émotions puissantes que seul le rugby de haut niveau peut offrir. Et à en croire ses confidences, malgré les années et les titres, leur intensité demeure intacte.







