Vendredi soir à Marseille, Patrice Collazo retrouvera le Stade Toulousain, cette fois en tant que manager du Racing 92, à l’occasion d’une demi-finale de Top 14 très attendue.
Avant de s’asseoir sur le banc francilien, l’ancien pilier a porté le maillot rouge et noir pendant trois saisons, entre 2002 et 2005. Un passage marqué par des souvenirs forts, mais aussi par de nombreuses frustrations liées aux blessures et aux revers sportifs.
Arrivé à Toulouse après une expérience en Angleterre, Collazo a disputé une quarantaine de matchs sous le maillot toulousain. Il a évolué aux côtés de joueurs devenus aujourd’hui membres du staff du club, comme Frédéric Michalak, Jean Bouilhou ou Clément Poitrenaud.
Pourtant, malgré le succès collectif de l’équipe, le destin ne lui a pas permis de pleinement savourer ces triomphes.
L’un des épisodes les plus douloureux remonte à la saison 2002-2003. Quelques semaines avant la finale de la Coupe d’Europe disputée à Dublin contre Perpignan, Collazo se fracture le pied lors d’un choc face à Biarritz. Malgré l’espoir de pouvoir rejouer, il doit renoncer à participer à la finale que le Stade Toulousain remporte sans sa présence sur le terrain.
Si son nom figure au palmarès, il confie sans détour : « Même si j’ai participé au quart et à la demi-finale, je ne me considère pas comme vainqueur de la Coupe d’Europe. » Cette déclaration traduit la profonde frustration d’un joueur privé de la consécration ultime.
L’année suivante, en 2004, la malchance persiste. Collazo est titulaire lors de la finale de Coupe d’Europe face aux Wasps, mais Toulouse s’incline après prolongation à Twickenham, ajoutant une deuxième désillusion européenne à son parcours.
Entre-temps, il avait déjà connu l’amertume de perdre la finale du championnat de France 2003 contre le Stade Français, contraint de jouer sous infiltration, physiquement diminué.
En deux saisons, Patrice Collazo a donc vécu deux défaites en finale et un titre remporté… sans pouvoir fouler la pelouse pour le décrocher.
En 2005, la suite ne sera pas plus clémente. Le Stade Toulousain remporte à nouveau la Coupe d’Europe, cette fois face au Stade Français, mais Collazo ne figure pas dans le groupe pour la finale. Une fois de plus, il assiste à un sacre sans pouvoir en être acteur.
Vingt ans plus tard, ce vendredi à Marseille, Collazo retourne donc au front face au club qui a marqué sa carrière. S’il connaît parfaitement la maison rouge et noire, son histoire avec Toulouse reste celle d’un joueur aux succès partiellement vécus.
Cette demi-finale avec le Racing 92 représente l’occasion pour lui d’écrire une nouvelle page et d’affronter son passé pour enfin prendre sa revanche.







