Arrivé à Montpellier l’été dernier pour remplacer Cobus Reinach, Ali Price s’est rapidement imposé au MHR. À 33 ans, le demi de mêlée écossais s’apprête à disputer la première finale de Top 14 de sa carrière, face au Stade Toulousain.
Avant ce rendez-vous crucial, l’international aux 71 sélections s’est confié à L’Équipe sur l’impact de son arrivée en France, qui lui a permis de renouer avec le plaisir de jouer.
**« Les victoires aident à repartir chaque lundi »**
Installé à Montpellier depuis près d’un an, Ali Price savoure pleinement cette nouvelle aventure, tant sur le terrain que dans sa vie personnelle. « Ma deuxième fille est née en janvier, il a fallu s’installer et découvrir un nouvel environnement, l’année a été chargée. La saison a commencé depuis dix mois maintenant, il y a de la fatigue, c’est sûr, mais les victoires aident à repartir chaque lundi. »
**« Le niveau des demis de mêlée est dingue »**
Le joueur écossais souligne la qualité impressionnante des demis de mêlée évoluant en Top 14, citant notamment Antoine Dupont. « Vous pouvez nommer tous les demis de mêlée du Top 14, le niveau est dingue. Dupont, Lucu, Jauneau, Le Garrec, Serin, Carbonneau… C’est fou… Mais j’ai compris pourquoi le Top 14 permet de sortir autant de grands joueurs à ce poste, avec ce talent technique, mais aussi dans la lecture du jeu. »
**« Le rugby français laisse une grande place à l’instinct »**
Ali Price avoue avoir été surpris par le style de jeu français dès ses premiers matches. « J’ai réalisé à quel point le rugby français laisse une part importante à l’instinct. J’ai toujours évolué dans un rugby très structuré, où le jeu passait traditionnellement par le 10, et j’ai été surpris de voir à quel point, dans la culture du rugby français, il peut y avoir cette part d’improvisation et l’importance du jeu autour du ruck et donc du 9. »
Cette philosophie lui a d’abord demandé un temps d’adaptation : « Ça m’a fait voir mon poste différemment. Les trois-quatre premiers matches, quand je voyais les avants ramasser le ballon derrière un ruck, tenter des passes après contact, j’étais surpris (rires). »
**« J’ai retrouvé cet instinct »**
Aujourd’hui, Ali Price apprécie cette liberté retrouvée, loin du cadre plus rigide qu’il connaissait auparavant. « Il y a ce cadre qui est fixé par les entraîneurs, mais dès qu’il y a un espace et une opportunité, il faut y aller et jouer. Un peu comme le rugby qu’on jouait en étant jeune et insouciant, j’adore ça, vraiment ! »
Cette évolution a été un véritable tournant. « On connaît la faculté du rugby français à jouer dans le désordre, mais s’y plonger concrètement, ça m’a aidé à modifier mon jeu et à progresser une fois que j’ai assimilé tout ça. Je me dis que j’avais cette part instinctive du jeu en moi, mais que je l’avais perdue ces dernières années. Retrouver cet instinct, c’est juste génial. »
**« Je suis vraiment gâté »**
Enfin, Ali Price souligne aussi la force du pack montpelliérain qui l’entoure. « Puis je joue derrière un paquet d’avants qui fait des dégâts donc ça aide. Pour ma première saison en Top 14, je suis vraiment gâté. »
Samedi soir, face au Stade Toulousain et Antoine Dupont, le demi de mêlée écossais tentera de conclure cette première saison en France par le plus beau des trophées.







