Billy Vunipola aurait pu ne jamais rejoindre le Montpellier Hérault Rugby (MHR). Bernard Laporte, directeur du rugby montpelliérain, confie qu’il n’était pas du tout convaincu lors de leur premier échange. Le récent passage en demi-teinte de l’ancien international anglais chez les Saracens l’avait même fait douter de son niveau.
« Je n’étais pas très chaud », avoue Laporte à Midi Olympique. « Il y avait plein de problèmes. Le groupe était divisé. Il y avait des clans. […] Non, Montpellier n’était pas une équipe. Pour remettre de l’ordre, il a d’abord fallu se séparer de onze joueurs sous contrat. Il a fallu réorganiser cet effectif parce que ce qui avait été fait n’était pas à faire. »
Le dirigeant poursuit en expliquant que tout a été revu de fond en comble : « Aujourd’hui, les salaires sont les vrais salaires. Ils correspondent à la valeur réelle des joueurs. On ne recrute plus pour recruter. On recrute pour bâtir une équipe et pour ça, il faut pouvoir compter sur des types droits. Billy Vunipola, pour moi, en est l’exemple. »
Quand Vunipola sollicite un rendez-vous, Bernard Laporte ne laisse pas place à l’enthousiasme : « Je lui ai dit : “Tu sais Billy, je t’ai vu avec les Saracens à Bordeaux. Ce n’est pas génial. Tu n’y es plus, là !” ». Pourtant, la réponse du troisième ligne a su le convaincre. « Il m’a répondu qu’il ne voulait plus jouer là-bas, que les Saracens n’étaient plus une équipe, et ci, et là… J’ai cru au mec et j’ai voulu lui donner sa chance. »
Aujourd’hui, Laporte voit en Vunipola l’incarnation même du nouveau MHR qu’il souhaite bâtir. « Il me rappelait Chris Masoe, dans sa façon d’être. Le renouveau, c’est ce genre de mec. Il porte haut les couleurs de Montpellier, arrive au club le premier, est souvent le dernier à repartir. »
Pour conclure, le dirigeant envoie un message limpide sur la nouvelle philosophie montpelliéraine : « Tout a changé, ici. Des types avec un CV clinquant et qui se branlent sur le terrain, on n’en veut plus à Montpellier. »
Quelques mois après son arrivée, Billy Vunipola est devenu un pilier du vestiaire héraultais et l’un des artisans majeurs de la qualification du MHR pour la finale du Top 14.







