
La Section Paloise a changé de dimension et doit maintenant l’assumer. Après une saison conclue dans le Top 6 et une élimination douloureuse à domicile face au Racing 92 en barrage, Fabien Brau-Boirie ne veut surtout pas voir son équipe retomber dans l’anonymat.
Le jeune international français réclame désormais de la constance et affiche une ambition claire : faire encore mieux.
La frustration de la dernière phase finale n’a pourtant pas disparu immédiatement. Pau s’imaginait poursuivre l’aventure avant de voir sa saison brutalement s’arrêter devant son public. Brau-Boirie reconnaît avoir eu besoin de temps pour digérer, même si son départ avec le XV de France l’a rapidement obligé à basculer sur autre chose. Durant l’été, les Palois ont également travaillé collectivement, notamment avec une préparatrice mentale, pour comprendre ce qui leur avait manqué dans ce rendez-vous décisif.
Pau ne veut surtout pas retomber
La conclusion tirée de cette élimination est notamment sportive. Face au Racing 92, Pau estime avoir manqué de variété et de liberté pour désorganiser une défense particulièrement solide.
Lors d’un entretien accordé au Figaro, Fabien Brau-Boirie considère que les Béarnais auraient dû davantage provoquer leur adversaire :
« Pas grand-chose… Mais on fait quand même pas mal d’erreurs qui nous ont coûté cher. On aurait dû mettre un peu plus de folie dans le jeu, être un peu moins cadré. Le Racing, c’est une équipe en place avec une grosse défense, des grosses individualités. Donc, si on était arrivé à les faire un peu plus bouger… Ils ont des mecs assez costauds, donc il aurait fallu peut-être mettre un rythme un peu plus conséquent dans le match pour prendre l’ascendant. C’est ce qu’on n’a pas réussi à faire. Ce sont des petits trucs comme ça qui font qu’à la fin, tu perds le match. »
Mais le principal défi sera probablement mental. Pau n’est désormais plus une équipe que ses adversaires peuvent prendre à la légère. Après avoir retrouvé les phases finales et la Champions Cup, le club béarnais doit apprendre à vivre avec ce nouveau statut.
Et Brau-Boirie refuse catégoriquement que son équipe se cache derrière sa belle saison précédente :
« Il faudra éviter de se cacher parce qu’on a fait une bonne saison et ne pas s’écrouler. C’est super important de confirmer parce que, si les équipes d’en face veulent nous voir comme une équipe compétitive et importante dans le Top 14, il faut qu’on ait de la constance sur plusieurs années. Et cela va passer par se qualifier toutes les années dans le top 6. Ça va être important de confirmer. Pour nous aussi, on va prendre confiance, on va se dire : “On arrive quand même à faire deux saisons d’affilée, à se qualifier, on fait de bonnes saisons.” Cela va nous permettre d’engranger cette confiance et, pourquoi pas, de gagner des matchs importants. »
L’objectif dépasse donc désormais la simple qualification ponctuelle. Pau veut s’installer durablement dans le Top 6 et apprendre à gagner ces rencontres qui permettent de viser encore plus haut.
Un jeu qui va devoir évoluer
Cette progression oblige également le staff palois à anticiper la réaction de ses adversaires. Les forces de la Section sont désormais parfaitement identifiées, notamment son utilisation du jeu au pied et des ballons hauts.
Reproduire exactement les mêmes recettes pourrait donc devenir dangereux.
Brau-Boirie annonce une équipe capable de davantage s’adapter en fonction de l’adversaire :
« On a des points clés dans le jeu qui font qu’on domine. Mais je pense que ça va être important aussi de varier. On va garder nos points forts, s’il n’y a pas de souci, mais c’est important aussi de varier suivant les équipes que tu affrontes. Parce qu’elles vont sûrement mieux nous préparer. Et ça va être important de varier, parce que si les équipes t’attendent et que tu fais tout le temps la même chose, au bout d’un moment, ça va coincer. Donc, c’est vrai qu’on va avoir un plan de jeu peut-être différent pour certains adversaires. Je ne sais pas comment ça va se passer, mais en tout cas, on va essayer de garder nos points forts et d’avoir notre identité de jeu, de vouloir jouer. C’est vrai que l’année dernière, on a eu beaucoup de focus sur les ballons hauts, ç’a été un point fort. Mais c’est quelque chose que les autres équipes vont peut-être aussi travailler. »
À titre personnel, Brau-Boirie va lui aussi devoir gérer un changement de dimension. Après ses cinq premières sélections avec le XV de France, le centre sait que la concurrence sera féroce pour conserver sa place.
Le Palois veut désormais utiliser ses performances en club pour continuer son aventure internationale :
« Ça va être très dur parce que je sais qu’il y a du monde au poste de centre. Mais, de ce que j’ai pu vivre cette année, c’était incroyable. Je ne m’attendais pas forcément à être en équipe de France aussi vite. J’ai joué avec un maximum de plaisir. Quand j’étais sur le terrain, j’étais à fond. Quand tu fais tes premiers pas avec le XV de France, ce n’est que du bonheur. Quand tu es petit, quand tu joues au rugby, tu n’as qu’une envie, c’est de jouer au plus haut niveau. Quand tu y es, il faut se donner à 100%. Et je vais essayer de travailler dans mon club pour être encore plus performant, pour pouvoir poursuivre avec le XV de France. Même si je sais que ça va être très compliqué. Il peut y avoir plein de facteurs en jeu : des blessures, des concurrents qui sont en pleine forme… Plein de facteurs qui font que ça peut aller comme ça ne peut pas aller. Mais en tout cas, je suis très content déjà d’avoir pu avoir ces sélections, j’espère qu’il y en aura d’autres. »
Pau et Brau-Boirie abordent finalement la saison avec le même défi : confirmer que leur spectaculaire progression n’était pas simplement celle d’une année.






