
Deux déplacements et déjà 86 points encaissés. Après les 40 points concédés à Lyon, l’ASM Clermont en a pris 46 à Bayonne (46-24). Un bilan que Christophe Urios refuse de banaliser. Le manager avait pourtant précisément demandé à ses joueurs de mieux gérer leurs temps faibles et de faire preuve d’efficacité lorsqu’ils dominaient. À Jean-Dauger, les Auvergnats ont échoué dans les deux domaines.
Le scénario est d’autant plus frustrant que Clermont avait réussi à installer son jeu dans le camp bayonnais pendant une grande partie du premier quart d’heure. Mais l’ASM n’a rien inscrit durant cette période et a ensuite payé très cher ses erreurs, jusqu’à se retrouver menée 27-10 à la pause.
« Deux fois que l’on en prend 40 »
Pour Urios, le problème commence à devenir préoccupant loin de Marcel-Michelin.
L’ASM avait déjà encaissé 40 points à Lyon lors de la première journée. Elle en a cette fois concédé six de plus à Bayonne.
Le manager clermontois refuse que cette tendance s’installe comme il l’explique pour La Montagne :
« Il faudra que l’on soit capables de faire autre chose à l’extérieur. Cela fait deux déplacements, deux fois que l’on en prend 40 quand même. Ce n’est pas possible. Ce n’est tout simplement pas possible dans ce championnat. »
Le technicien avait pourtant clairement identifié les deux priorités avant le déplacement au Pays basque.
La veille du match, Urios avait insisté sur la maîtrise des moments déterminants :
« Quand nous aurons des moments difficiles, il faudra que nous soyons capables d’être froids. Quand nous aurons le momentum, il faudra que nous soyons capables d’être efficaces. »
La rencontre a finalement illustré exactement l’inverse.
Quinze minutes de domination pour zéro point
Clermont a passé l’essentiel du premier quart d’heure dans le camp adverse sans parvenir à transformer sa domination.
Un en-avant de Guillaud dès la 4e minute, une touche pas droite à la 10e puis un nouvel en-avant de Loaloa à la 13e ont notamment fait disparaître plusieurs opportunités.
Baptiste Germain regrette cette incapacité à concrétiser :
« On fait un bon début de match. On réalise 15 bonnes premières minutes que l’on avait ciblées. Sauf que l’on marque… zéro point. Il y a eu des erreurs d’inattention. »
Les chiffres résument l’écart d’efficacité entre les deux formations. À la pause, Clermont n’avait produit que 1,4 point par incursion dans les 22 mètres bayonnais, contre 5,4 pour l’Aviron.
Mais Urios ne réduit pas ces difficultés à quelques imprécisions techniques. Il estime que son équipe n’a tout simplement pas mis suffisamment d’intensité dans ses actions.
« On a perdu toutes nos collisions »
Le manager a particulièrement peu apprécié le manque d’impact de ses joueurs durant les quarante premières minutes.
Clermont n’est pas suffisamment parvenu à avancer, tandis que ses ballons ont manqué de vitesse pour déstabiliser la défense bayonnaise.
Christophe Urios dresse un constat particulièrement sévère :
« En première mi-temps, on peut me dire ce que l’on veut, mais on a perdu toutes nos collisions. On n’avance jamais. Les ballons ne vont pas vite. Tout le contraire de ce que l’on voulait. Ce n’était pas très engagé, pas direct, pas très tranchant… Nous avons perdu trois ballons dans la zone de décision. Je veux bien qu’ils aient de bons gratteurs, mais nous étions un peu éparpillés sur le terrain. »
Pendant que Clermont gaspillait ses possessions, Bayonne faisait exactement l’inverse.
Baptiste Germain résume la frustration ressentie devant cette différence de réalisme :
« Tu lèves la tête, tu regardes le score et tu vois qu’il y en a 27 alors que tu as passé la première mi-temps dans leur camp. »
Urios dénonce des « défaillances » mentales
L’efficacité offensive n’est toutefois qu’une partie du problème.
Clermont a également permis à Bayonne de traverser le terrain sur deux séquences de près de 80 mètres. Sur une relance de Tom Spring à la 28e minute, AJ Lam et Alivereti Loaloa ont été éliminés avant que l’Aviron ne profite de l’espace. Sept minutes plus tard, un manque de connexion entre Marcos Kremer et Loaloa a permis à Cheikh Tiberghien de lancer une nouvelle offensive conclue dans l’en-but.
Pour Urios, ces actions révèlent surtout un manque d’agressivité défensive.
Le manager clermontois pointe directement l’attitude de son équipe :
« On ne peut pas prendre deux essais comme ça où il ne se passe pas grand-chose. Cela veut dire qu’il y a des défaillances. D’abord mentales. Quand tu ne montes pas, quand tu ne chasses pas, quand tu ne mets pas de pression, cela pose problème. »
Clermont a encore trouvé les ressources pour revenir dans la rencontre en deuxième période. Mais le carton rouge reçu par Marcos Kremer a ensuite compliqué la tentative de remontée auvergnate. Après Lyon et Bayonne, l’ASM se retrouve surtout confrontée au même problème : devoir courir après un écart déjà important avant de parvenir à produire son meilleur rugby.







