
L’arbitrage vidéo se retrouve une nouvelle fois au cœur des discussions en Top 14. Lors de la rencontre entre l’Union Bordeaux-Bègles et l’Aviron Bayonnais, un essai inscrit par Salesi Rayasi a été annulé après une longue intervention de la vidéo. Si la décision semble parfaitement justifiée sur le plan réglementaire, les conditions dans lesquelles elle a été prise suscitent de nombreuses interrogations.
L’action avait pourtant été validée dans un premier temps par l’arbitre Adrien Marbot. Après une interception spectaculaire de Salesi Rayasi, les Bordelais pensaient avoir inscrit un essai parfaitement valable. Mais les arbitres vidéo sont revenus sur une action antérieure, remontant jusqu’à un lancer en touche bayonnais.
Un essai annulé à cause de Ben Tameifuna
Au cœur de la décision, un contact entre le ballon et le bras de Ben Tameifuna.
Le pilier de l’UBB reçoit d’abord le ballon dans le dos, avant de se retourner pour effectuer un plaquage. C’est à ce moment que son bras touche le ballon et le propulse vers l’avant.
Dans l’émission 100 % UBB, l’ancien arbitre de Top 14 Stéphan Pomarède a expliqué pourquoi l’essai devait être refusé.
Il confirme l’existence d’un en-avant :
« Les images retrouvées après montrent bien qu’il y a un en-avant avec le bras de Ben Tameifuna. »
L’ancien officiel détaille précisément l’action :
« Quand il reçoit le ballon dans le dos, il n’y a rien d’irrégulier. Ensuite il se tourne pour plaquer et, pour moi, il touche le ballon avec son bras et l’envoie vers l’avant. »
Même si le geste du pilier bordelais n’était pas intentionnel, la faute reste sanctionnable.
Stéphan Pomarède insiste sur ce point :
« Ce n’est pas volontaire mais il touche le ballon et l’envoie vers l’avant. »
Quatre minutes pour revenir sur une faute
Si la décision arbitrale ne semble pas contestable sur le fond, le temps nécessaire pour l’annoncer a provoqué une certaine frustration.
Plus de quatre minutes se sont écoulées entre le lancer en touche et la décision définitive.
Sidney Djiropo regrette notamment les conséquences de cette longue attente :
« C’est dommage parce qu’il y a eu énormément de temps perdu et un ascenseur émotionnel assez phénoménal. »
Mais contrairement à une idée répandue, l’arbitrage vidéo ne dispose pas d’une limite exprimée en minutes pour revenir sur une action précédant un essai.
Stéphan Pomarède apporte une précision réglementaire importante :
« Pour une situation d’essai, on peut remonter jusqu’au dernier arrêt de jeu. En l’occurrence, c’était le lancer en touche puisqu’il n’y a pas eu ensuite d’autre arrêt de jeu. »
L’intervention de la vidéo était donc conforme au protocole applicable à cette situation.
« On donne un pouvoir à la vidéo »
Au-delà de cet essai refusé, Stéphan Pomarède s’interroge sur l’évolution du rôle des arbitres dans le rugby professionnel.
L’ancien officiel estime que l’assistance vidéo occupe désormais une place considérable dans les décisions prises pendant les rencontres.
Il exprime ses réserves sur cette évolution :
« On avait des arbitres qui dirigeaient les matchs. Maintenant, ce n’est plus trop le cas quand même. On donne un pouvoir à la vidéo qui nous oblige à passer de longues minutes à regarder l’écran du stade. »







