Thomas Ramos offre la victoire à la France face à l’Angleterre dans les derniers instants
Thomas Ramos, l’arrière international français, a inscrit la pénalité décisive à la toute dernière seconde du match contre l’Angleterre, ce samedi soir, offrant ainsi une victoire précieuse à son équipe.
Dans un entretien accordé à Midi Olympique, Ramos revient sur ce scénario déjà vécu en 2024 face aux Anglais. « Il vont me détester à force (sourire). Ça fait deux fois », confie-t-il, soulignant la répétition de ce moment crucial.
Le joueur détaille ensuite sa réussite : « Déjà, on a su remettre la main sur le ballon et mettre cette équipe à la faute. Honnêtement, sur la fin du match on ne pouvait peut-être espérer que ça. Soit taper un drop, soit attendre une faute de leur part. À partir du moment où j’ai vu un avantage, je savais que ça passerait par là. J’ai même dit à Toto (Dupont) : “Arrête de jouer, c’est bon, on va taper et prendre les points.” »
L’arrière explique également les échanges parfois confus avec l’arbitre au moment de poser le ballon pour la pénalité : « C’était un peu long. On demande une faute de leur pilier qui fait un “tête-tête” avec Joshua Brennan. Parce que la faute était 40 mètres, en face des poteaux. Mais parfois 40 mètres en face, ce ne sont pas les plus faciles… En fait, l’arbitre nous dit qu’il y a deux marques. Mais plus ça allait, plus il la décalait à droite et à gauche. »
Concentré malgré la pression et les tentatives de déstabilisation de Maro Itoje, Ramos confie : « Je ne sais pas, j’ai essayé de me désintéresser un petit peu de tout ça pour rester dans ma bulle et dans ma concentration. J’ai laissé les gros bras gérer ça (sourire). À partir du moment où Matthieu (Jalibert) me donne le ballon, et où William Servat m’apporte le tee, je sais ce que j’ai à faire. »
En parlant de son état d’esprit avant le coup de pied, il avoue une curiosité : « Alors, je ne m’en souviens pas… Il me tarde de revoir les images parce que plusieurs mecs m’ont dit que je rigolais. Il y en a même un qui m’a dit que j’avais dit “yes” avant même de taper. »
Rapidement, il a choisi de frapper sans tergiverser : « Dans ma routine, je vais souvent assez vite. Plus de temps tu mets à la taper, plus de temps tu gamberges. Il vaut mieux y aller. J’avais envie de bien traverser mon ballon, c’était la seule chose que je m’étais dit. »
Pour lui, ce genre d’instants est le rêve de tout buteur : « A la fin, Louis Bielle-Biarrey m’a dit : “Tu m’en as mis deux du même endroit en finale de top 14, t’avais intérêt de me la mettre celle-là.” Oui, elle aura forcément une place particulière. On rêve de ces coups de pied. »
Malgré ce succès, Ramos ne cache pas son inquiétude quant à la fragilité défensive affichée récemment : « C’est un titre qui se joue et ça aurait été vraiment dommage de perdre ce match devant notre public. […] C’est un match de Super Rugby presque. C’était “full attaque” et les défenses ont été mises à mal. On a gagné, on est très heureux. Mais dans l’avenir proche, il faudra aussi se poser les bonnes questions, savoir pourquoi on prend presque 100 points en deux matchs. »
Il attribue ces difficultés à une « dynamique collective » en berne : « Sur nos trois premiers matchs, on avait une défense agressive, on arrivait à remettre en question les adversaires, chose qu’on a moins réussi à faire sur les deux derniers matchs. »
Enfin, Thomas Ramos évoque la tournée estivale dans l’hémisphère sud en Australie et Nouvelle-Zélande, un défi physique supplémentaire en fin de saison : « On ne dormira pas beaucoup. On est au mois de mars, donc je vous laisse deviner combien de matchs je risque de jouer encore d’ici la fin de la saison. Tant mieux, je ne me plains pas, je suis payé pour ça. Mais c’est toujours difficile en fin de saison de partir un mois de plus. »
Il critique aussi les instances dirigeantes pour leur décalage avec les attentes des joueurs : « Il y a des instances qui font des règles, qui nous expliquent qu’il faut jouer moins de matchs mais qui nous mettent des compétitions en plus. Ce que je trouverais de bien, c’est qu’un jour, ils invitent les joueurs dans les discussions et qu’ils prennent aussi notre avis. Peut-être qu’ils réfléchiraient autrement. »
Ce succès face à l’Angleterre confirme l’importance de Thomas Ramos dans les moments clés et ouvre déjà la réflexion sur les améliorations nécessaires pour l’équipe de France.







