Le Stade Toulousain traverse une période difficile après son élimination en quart de finale de la Champions Cup face à l’Union Bordeaux-Bègles. Cette défaite, un coup dur pour le club de la Ville Rose, a profondément impacté le groupe selon Clément Poitrenaud, entraîneur adjoint de Toulouse.
« On a senti que les joueurs avaient besoin de plus de temps de récupération. On avait nous aussi, le staff, besoin de passer un peu de temps sur l’analyse de ce match pour pouvoir en tirer des conclusions intéressantes et pouvoir se projeter sur la fin de saison », confie-t-il à Midi Olympique.
Profitant de l’avance au classement, Toulouse souhaite tirer les leçons de cette contre-performance. « Ça va modifier un peu notre planification, ça nous laisse à la fois du temps pour travailler, du temps pour récupérer, identifier les faiblesses dont on a fait preuve sur cette rencontre face à Bordeaux pour essayer de ne pas reproduire les mêmes erreurs sur les matchs à venir, et puis se projeter sur une phase finale de Top 14, donc un barrage, une demi-finale, potentiellement une finale », explique Poitrenaud.
Mais au-delà de ce revers, une constance inquiétante se dégage sur la scène européenne. « Il y a des choses qui sont récurrentes sur notre campagne européenne, sur les trois matchs perdus à l’extérieur. Quand on répète toujours les mêmes erreurs, c’est qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, un message qui ne passe pas. En tout cas, il y a une lacune qu’il faut vite combler si on veut pouvoir exister au très haut niveau. »
L’analyse du match contre Bordeaux met en lumière plusieurs éléments problématiques : « Sur le match de Bordeaux, il y a plein de choses à remarquer. Il y a le fait qu’on fut complètement stériles pendant trente minutes alors qu’on aurait dû marquer trois essais. Il y a aussi eu le problème de discipline. Jouer 32 minutes à quatorze à ce niveau-là, ça coûte forcément cher. Même si on a encaissé peu de points durant cette période, on y a laissé de l’énergie. L’énergie qui nous a manqué à la fin pour aller chercher au moins le match nul, puisque nous n’avions que sept points de retard à dix minutes de la fin. »
L’influence négative du banc bordelais et la baisse d’énergie toulousaine ont finalement scellé le sort du match. « Nous étions toujours dans le match, mais on sentait l’influence, à la fois de l’apport du banc de l’UBB, qui a été vraiment très performant, et l’influence de notre manque d’énergie, ces deux choses ont fait basculer le match en leur faveur. Ainsi, nous avons eu un problème de discipline et de capacité à marquer quand on arrive en zone de marque. Mais il y eut aussi, je pense, un manque de créativité offensive de notre part, quelque chose qui faisait plutôt notre force ces dernières années. Face à une très bonne défense de Bordeaux, nous n’avons pas su trouver les solutions. »
La semaine d’entraînement a été éprouvante. « C’était difficile cette semaine. Quand on a un objectif élevé forcément, la déception est en rapport. Elle est grande quand on n’y arrive pas. Donc le juge de paix sera le comportement de l’équipe à Castres ce week-end et lors de la réception de Clermont la semaine prochaine. C’est évidemment à ce moment-là qu’on saura si le groupe s’est remis de cette défaite et si on est prêt à basculer sur cette compétition même s’il reste un peu de temps… »
Loin de se reposer, Toulouse sait que la route est encore longue : « On n’aura pas le temps de tourner en rond parce que jusqu’à preuve du contraire nous ne sommes pas encore qualifiés pour la demi-finale directe. On va cravacher, il n’y a plus que ça à faire. Encore une fois, on va tenir compte de ce qui s’est passé à Bordeaux pour y remédier quand les matchs qui comptent arriveront. Cette saison dès qu’il y a eu un match qui comptait à l’extérieur, que ce soit à Glasgow, aux Saracens ou cette fois-ci à Bordeaux, on a failli et toujours dans les mêmes secteurs de jeu, donc ça nous fait une bonne base de boulot. »
Enfin, l’adjoint de Toulouse se prépare à un affrontement intense contre Castres ce week-end, qualifié de derby. « Ce match de Castres, ça reste un derby. Mais ça a perdu un peu de sa saveur, entre guillemets, sur l’énervement. Ça, c’était clairement à l’époque où Christophe Urios entraînait Castres, il jouait là-dessus. Bon, ils sont toujours contents de nous recevoir, mais au niveau des staffs et des joueurs, il n’y a pas d’animosité particulière. C’est une équipe qui joue bien au rugby, qui a changé un peu sa façon de jouer avec plus de passes après contact pour pratiquer un rugby plus complet qu’il y a quelques années. On s’attend donc encore une fois à un match compliqué. Mais pour ce qui est de l’atmosphère, oui, ce sera chaud comme partout où on se déplace en France au final. Donc, rien de rare là-dessus. »







