Le tribunal correctionnel de Béziers a rendu, ce lundi 4 mai, son verdict dans une affaire d’agression sexuelle présumée survenue en février dernier en boîte de nuit. Un ancien espoir du rugby, âgé de 21 ans et ancien joueur de l’AS Béziers Hérault (ASBH), a été relaxé.
Malgré des réquisitions prononçant huit mois de prison avec sursis, la justice a estimé que les preuves du dossier ne permettaient pas de le condamner. Le tribunal a donc tranché en faveur du doute, mettant fin aux poursuites engagées contre lui.
Les faits remontent au 7 février. Lors d’une soirée en boîte de nuit, le joueur, sous l’emprise de l’alcool, reconnaît avoir adopté un comportement déplacé. Il avait échangé quelques pas de danse avec une jeune femme avant de lui toucher les fesses. « J’ai été trop lourd et insistant. Je n’aurais jamais dû faire ça », a-t-il admis devant le tribunal. Il a ajouté : « J’ai compris que le courant passait entre nous. Je n’ai rien vu de mal. J’ai été trop lourd et insistant. Je n’aurais jamais dû faire ça. En revanche, je ne sais pas si je l’ai embrassée. Depuis qu’elle a déposé plainte, j’ai tout perdu, même mon salaire. Je n’ai plus rien. »
La victime, elle, tient une version différente : « Quand nous nous sommes vus, il m’a souri. J’ai rigolé. Ma meilleure amie lui a donné mon Snapchat. Il a mis ses mains sur mes fesses, il m’a léché le visage. Je n’étais pas d’accord. Je ne suis pas allée en boîte pour ça. »
L’audience a été marquée par des débats vifs. L’avocate de la plaignante a insisté sur l’absence de consentement, dénonçant une culture de privilège autour du club béarnais : « Après trois affaires du même style (deux joueurs et l’entraîneur de l’ASBH ont été condamnés pour des violences sur leur compagne, NDLR) nous pouvons confirmer qu’il y a deux entités sacrées à Béziers, la corrida et l’ASBH. Sacrées à tel point que l’on peut se permettre de remettre en cause la victime parce qu’elle aurait consommé de l’alcool. Mais en 2026, la société a fait des progrès en matière de consentement de la femme. Il est temps de le prendre en compte. Elle n’était pas consentante. Et ce n’est pas parce qu’il joue à l’ASBH que ça lui ouvre des droits. Cela n’a pas été un plaisir pour elle. Loin de là. »
De son côté, la défense a dénoncé un dossier vide. L’affaire a déjà eu des conséquences lourdes pour le jeune joueur, qui affirme avoir été exclu du club et expulsé de son logement avant même son passage devant la justice : « Quand j’entends les réquisitions, je comprends tout de suite que l’on a voulu faire un exemple. Et je ne suis même plus étonnée par le fait que l’ASBH se soit totalement assis sur la présomption d’innocence de ce joueur. Il a été condamné, viré du club et de son appartement avant même d’être passé devant la justice. Ce n’est pas parce qu’il est rugbyman qu’il a agressé cette jeune femme. »
Cette affaire relance ainsi le débat crucial sur la présomption d’innocence dans le sport professionnel, soulevant la question des mesures prises avant tout jugement.







