La qualification de l’UBB face à Bath a déclenché une véritable ruée des supporters bordelais vers les billets pour la finale de Champions Cup à Bilbao. Mais très vite, l’euphorie s’est transformée en frustration immense.
Face au Leinster, cette finale est devenue quasi inaccessible pour une partie du public girondin : billets épuisés, hôtels hors de prix, logements complets et trajets longs et contraignants font parler d’un véritable parcours du combattant autour du club.
Pourtant, des centaines de supporters ne lâchent rien et tenteront coûte que coûte d’être présents samedi au stade San Mamés.
### Colère autour des 2 000 places accordées à l’UBB
Contrairement à Cardiff l’an dernier, l’EPCR n’a attribué que 2 000 billets à chaque finaliste pour cette rencontre à Bilbao. Une restriction très mal vécue du côté bordelais, notamment avec une ville située à seulement quelques heures du Pays basque espagnol.
La colère gronde rapidement parmi les supporters. Les United BB, principal groupe de fans de l’UBB, ont dénoncé cette situation. L’incompréhension règne même au sein du club.
Jean-Baptiste Machenaud, directeur général adjoint de l’UBB, admet les limites du dispositif dans les colonnes de L’Équipe :
_“En étant à 4 heures de route de Bilbao, et avec 22 000 abonnés, on ne peut pas se satisfaire de ce contingent de 2 000 places.”_
Le dirigeant assure toutefois que le club a fait tout son possible pour trouver des solutions :
_“On a essayé de faire du mieux possible, avec les familles de joueurs, nos partenaires, le personnel administratif, les clubs de supporters…”_
_“On a beaucoup, beaucoup œuvré avec l’EPCR pour qu’ils mettent en place une plateforme de revente.”_
### « On dormira dans la voiture »
Malgré ces efforts, des milliers de supporters resteront à l’écart du stade. Certains improvisent pour ne rien manquer.
Pierre, présent déjà à Cardiff, a réussi à obtenir quatre places tardivement, mais face à l’impossibilité de trouver un logement abordable, lui et ses amis envisagent de dormir dans leur voiture après le match.
_“C’est une 3008, une voiture assez grande, mais quand il y a deux mecs d’1,95 m, ce n’est pas si grand que ça…”_
Une situation presque cocasse, mais qui montre jusqu’où certains vont pour suivre leur équipe.
### Une supportrice ferme sa pizzeria pour encourager l’UBB
D’autres avaient anticipé bien à l’avance. Muriel, supportrice fidèle, a acheté ses billets et réservé son hôtel dès février, quitte à fermer exceptionnellement sa pizzeria près de Chaban-Delmas pour faire le déplacement.
_“À événement exceptionnel, fermeture exceptionnelle.”_
Pour la communauté bordelaise, cette finale dépasse désormais le cadre du rugby : l’UBB est en train de fédérer une dynamique plus large.
### Il rejoint Bilbao… à vélo
Parmi les témoignages marquants, celui d’Alain. Ce Bordelais a décidé de rallier Bilbao… à vélo. Parti mercredi, vêtu des couleurs de l’UBB, il a traversé le Pays basque jeudi avant d’atteindre l’Espagne vendredi.
### Une ville entière derrière l’UBB
À Bordeaux, la ferveur est immense malgré la distance. Une grande fan zone a été installée à Chaban-Delmas, et les 20 000 billets gratuits proposés ont été écoulés en quelques heures.
Preuve que l’UBB franchit un cap important dans sa popularité. Au-delà du rugby, elle s’impose désormais comme un phénomène populaire unique à Bordeaux.







