Auteur de dix essais en Top 14, capitaine à plusieurs reprises de l’Aviron Bayonnais et désormais appelé en équipe de France, Esteban Capilla vient de vivre la saison la plus aboutie de sa jeune carrière. À 24 ans, le troisième ligne a franchi un cap, malgré une blessure qui a bouleversé son exercice.
### Une blessure qui a tout changé
Après un début de saison remarquable, Capilla a vu sa progression brutalement stoppée fin décembre. « Je me sentais vraiment en forme en début de saison, mais je me suis déchiré le fascia plantaire le 27 décembre. » Cette blessure est survenue en plein Tournoi des 6 Nations, une période charnière. « Ça m’a énormément freiné dans ma lancée. C’était pendant le Tournoi des 6 Nations, ce qui représentait un moment charnière. » Absent pendant plusieurs mois, le joueur n’est revenu qu’à la fin mars. Une épreuve difficile : « Tu quittes le groupe alors qu’il est sixième au classement et lorsque tu reviens, tu es onzième ou douzième. »
### Une saison riche en apprentissages
Malgré cet obstacle, Capilla affiche un regard positif sur son année. « C’était une saison riche en apprentissages et en expériences. J’étais très content de la faire, je ne la changerais pas. » Il souligne aussi la belle évolution collective à Bayonne : « Je joue avec des mecs qui comptent pour moi, nous sommes de plus en plus proches avec la jeune génération qui commence vraiment à être importante à l’Aviron. » Pour lui, cette saison a été celle du passage à un autre niveau : « Oui, c’est clair. Le but, c’est de vivre des situations, qu’elles soient positives ou négatives, pour avoir le plus d’expérience possible. »
### Dix essais, mais pas d’obsession personnelle
Avec dix essais marqués, Capilla figure parmi les avants les plus prolifiques du Top 14. Pourtant, il refuse de réduire sa performance à ce seul chiffre. « J’en ai marqué beaucoup sur la phase aller, car j’étais à 100 %, puis j’ai été absent trois mois. Ça m’a fait du mal au niveau du compteur. » Et il ajoute avec humour : « Lucas Martin ne serait pas passé devant moi sinon. » Mais pour lui, marquer n’est pas une priorité. « Ce n’est pas ma mission prioritaire en tant que troisième ligne. » Son rôle ? « Mon objectif, c’est d’apporter de la valeur ajoutée en touche, en défense, en attaque. » Sans pour autant cacher son plaisir : « Je n’aime pas les gens qui disent que ce n’est pas important, car quand tu marques, tu es content. »
### Le numéro 8 lui ouvre de nouvelles perspectives
Cette saison, Capilla a également découvert le poste de numéro 8, une évolution qu’il apprécie fortement. « Je prends énormément de plaisir dans les deux postes, je n’ai pas de préférence. » Mais il confie un attachement particulier à ce rôle : « En huit, j’aime les départs sur les lancements en mêlée. Avec ma vitesse et ma capacité à jouer autour ou après, je peux apporter beaucoup pour l’équipe. »
### Une immense fierté avec le brassard
Autre moment fort de l’année : sa première expérience comme capitaine de l’Aviron Bayonnais, un honneur d’autant plus fort qu’il est formé au club. « J’ai ressenti énormément de fierté. » Il rend aussi hommage à Arthur Iturria, capitaine numéro un : « Nous savons très bien que le capitaine numéro un, c’est Arthur Iturria. Quand il ne peut pas jouer, c’est un honneur pour moi de pouvoir le suppléer. » Arrivé à Bayonne à 13 ans, il mesure le chemin parcouru : « C’est une responsabilité que j’aime et il faut que je tende vers ça, à terme. Au final, je n’en tire que du positif, les mecs ont joué le jeu à fond avec moi. »
### Les Bleus dans un coin de la tête
Depuis la fin de saison, Capilla continue de s’entraîner avec soin, preuve qu’il garde en tête l’objectif d’intégrer prochainement le XV de France. « Je m’entraîne toujours un peu au cas où. » Il explique : « Je suis revenu de blessure en mars, à la fin de la saison, je n’étais pas rincé comme ceux qui ont fait tous les matchs. » Entre préparation physique et moments de détente avec ses proches, il savoure cette pause, mais son avenir semble déjà s’inscrire sous le signe de la sélection. Au vu de ses performances et de sa présence dans le groupe France, nul doute que son téléphone ne restera pas silencieux longtemps.







