Le Montpellier Hérault Rugby (MHR) s’apprête à disputer une demi-finale de Top 14, une performance inattendue il y a encore quelques mois, tant le club a dû surmonter des difficultés majeures.
Pour Benoît Paillaugue, entraîneur de l’attaque et figure emblématique du club, la clé de cette remontée spectaculaire se résume en un mot : « Le mot qui pourrait définir ce club, cette équipe, et un peu ma carrière, c’est d’être résilient. »
Le technicien ne cache pas les épreuves traversées par le MHR après son sacre en champion de France. Il rappelle que nombre de joueurs actuels ont frôlé la relégation : « Après le titre, ça a été assez compliqué. Ces joueurs-là, pour la plupart ne sont pas passés loin de la relégation. Et les voir s’épanouir et avoir une belle revanche pour eux-mêmes aussi vis-à-vis de pas mal de personnes, c’est une belle récompense. »
Pour Paillaugue, ce qui unit les grands Montpellier des années 2011, 2022 et aujourd’hui, c’est avant tout un état d’esprit inébranlable : « Je pense que les points de ressemblance entre 2011, 2022 et maintenant, c’est une équipe qui ne lâche rien. Sur l’état d’esprit qui est assez remarquable. » Cette force mentale a permis au MHR de se relever progressivement, après avoir flirté dangereusement avec la zone rouge. « Après avoir eu une année difficile où on a failli descendre, les mecs ont bossé comme des ânes pour essayer d’en arriver là. » Cette qualification en phase finale, poursuit l’ancien demi de mêlée, est une juste récompense : « Avoir gagné un titre et jouer des phases finales… je trouve que c’est de la résilience et du travail. »
Au-delà des résultats, le club retrouve surtout son identité. Pour Paillaugue, « L’ADN du MHR, c’est une équipe qui joue pour les autres. Arrêter d’avoir des stars qui ne jouent que pour eux. Nous, on veut un collectif fort. » Il note également un changement dans la perception du club à l’échelle nationale : « On l’entend beaucoup, des supporters ailleurs, qui disent que l’ADN revient, ça fait plaisir de revoir Montpellier. » Une prise de conscience qui amène le coach à une affirmation sans détour : « Ce n’est pas un club de merde comme on a pu le penser pendant quelques années. »
Malgré une saison déjà réussie, Benoît Paillaugue refuse de se satisfaire et appelle à maintenir le cap : « Il ne faut pas s’arrêter là. Ce n’est pas parce qu’on a fait une bonne saison qu’il faut lâcher le pied de l’accélérateur. » Pour lui, la plus belle illustration de cette renaissance est sans doute le retour progressif du public au GGL Stadium : « On retrouve de plus en plus de monde au stade. Des sponsors qui veulent certainement revenir, des gens qui reviennent au stade. »
Le MHR semble bel et bien tourner la page de ses années les plus sombres pour retrouver les sommets du rugby français.







