Le rugby européen bascule-t-il définitivement sous la domination française ? Après la nouvelle démonstration de force de Bordeaux-Bègles, sacrée championne d’Europe en battant le Leinster (41-19) en finale de la Champions Cup, Yann Delaigue ne laisse aucun doute : le Top 14 évolue dans une autre dimension.
Pour l’ancien ouvreur international, cette supériorité ne fait que commencer, et pourrait même s’accentuer dans les années à venir. « Je pense même que l’écart va s’accroître dans les années à venir entre les clubs français et les autres. » Cette analyse traduit un sentiment partagé : Bordeaux-Bègles et Toulouse apparaissent aujourd’hui presque intouchables.
Cette domination française repose avant tout sur la puissance économique du Top 14. « Le rugby tricolore règne en maître. Cette domination est due à son économie. Le Top 14 est le championnat le plus relevé car il est le plus riche. » Les six titres européens consécutifs remportés par des clubs français confirment un écart qui se creuse sans cesse avec le reste de l’Europe.
Le championnat français attire ainsi les meilleurs talents étrangers tandis que les stars françaises, elles, restent rarement à l’étranger. « On ne voit pas de grands joueurs français dans les championnats anglais ou celte. L’inverse est vrai en revanche. » Pendant ce temps, les provinces irlandaises perdent de leur force, les clubs anglais peinent à sortir de leurs crises financières, et les équipes galloises ou écossaises n’arrivent plus à suivre le rythme imposé par leurs concurrents français.
Cette hégémonie soulève une question majeure : la Champions Cup peut-elle conserver tout son intérêt si les clubs français continuent d’écraser systématiquement la concurrence ? Sur ce point, Yann Delaigue reste plus nuancé. « Il y aura toujours de la concurrence pour batailler. En Angleterre, il y a tout de même de belles équipes comme Bath ou Northampton. »
Mais après la démonstration de force bordelaise à Bilbao, une tendance est désormais claire : le centre de gravité du rugby européen s’est définitivement déplacé vers la France.







