Philippe Tayeb brise le silence et s’exprime pour la première fois depuis plusieurs mois sur la tempête qui a secoué l’Aviron Bayonnais. Très critiqué après une saison difficile, le président du club basque revient avec franchise sur son long silence et les attaques personnelles dont il a été la cible.
Interrogé par Midi Olympique sur cette période, Tayeb a précisé : « Le rôle du président est de s’exprimer quand il y a des moments difficiles. » Pourtant, il a choisi d’attendre avant de prendre la parole, lassé par le contexte tendu.
Le dirigeant est notamment revenu sur une séquence très commentée, après une lourde défaite, lorsqu’il a été filmé avec un « sourire moqueur » à la sortie du vestiaire. Il explique : « Quand tu as déplacé un avion privé, mis un maximum de moyens sur ce déplacement, que tu prends 60 points avec des attitudes inacceptables et pour finir, que la caméra te prend à la sortie du vestiaire, tu peux comprendre ma colère… » Tayeb reconnaît que ce geste a pu surprendre certains supporters : « J’ai souri, c’était nerveux. »
Concernant Laurent Travers, directeur sportif du club, Tayeb défend ses propos : « J’ai dit que Laurent n’intervenait pas sur le sportif jusqu’à présent, c’était la vérité. La preuve, il a commencé à regarder comment on pouvait s’améliorer après cette débâcle. À Bayonne, quand on lève le petit doigt, on est toujours obligé de se justifier. »
Le président refuse cependant d’être réduit à cette image ou à cette période critique : « J’ai autre chose à faire que d’être jugé par des gens qui n’ont jamais fait grand-chose pour le club. »
Au fil des mois, Tayeb dénonce une escalade des attaques personnelles, ciblant non seulement lui-même, mais aussi sa famille, Laurent Travers et des administrateurs. Il déclare ainsi : « De grands influenceurs des réseaux sociaux se permettent de salir mon nom, ma famille, Laurent Travers, des administrateurs. Je ne crois pas qu’ils aiment le club. L’irrationalité, c’est bien, mais il ne faut pas que ça soit indécent et impoli. Le manque de respect à l’égard des personnes qui travaillent au club est inadmissible. »
Si le président assure qu’il ne passe pas son temps à lire les réseaux sociaux, il confie que « heureusement, je ne les regarde pas, mais il y a ma famille, ça peut choquer. » Au-delà des attaques, il évoque même des propos racistes particulièrement graves : « Quand il y a des propos racistes, graves, ce n’est pas normal. »
Philippe Tayeb révèle également avoir été victime d’insultes publiques au sein même du stade Jean-Dauger : « À Jean Dauger, une personne m’a insulté publiquement dans les tribunes. Il faut savoir dire stop quand la passion dépasse la raison. On est allés trop loin. »
Selon lui, ce climat délétère nuit au développement du club : « On ne peut pas construire un projet en acceptant ce type de propos. » Et il ajoute : « L’image qu’on donne de nous est négative et quand vous allez chercher des partenaires nationaux, ils regardent l’environnement. Ces gens-là font plus de mal au club qu’à Philippe Tayeb ! »
Interrogé sur un éventuel point de non-retour avec ses détracteurs, sa réponse est ferme : « C’est sûr ! » Le président regrette également certaines interpellations déplacées dans des lieux publics : « Les gens n’ont pas le droit de m’interpeller pour tenir des propos déplacés. Je suis quelqu’un de normal. »
Il confie aussi que Laurent Travers a été lui aussi pris à partie : « On interpelle Laurent Travers dans des lieux publics pour lui dire : « Qu’est-ce que tu fais là, repars chez toi ». Je trouve inacceptable que l’on manque de respect aux acteurs du club. »
Enfin, Tayeb reconnaît avoir traversé une période « très fatiguante » et a même envisagé de démissionner : « Démissionner, c’est un grand mot, mais j’ai été très fatigué de la situation. » Le soutien reçu du conseil d’administration, des associations de supporters et des partenaires lui a finalement donné la force de poursuivre : « J’ai dit ok, on ne va pas donner raison à ces 5 %. »
Il conclut en lançant un dernier message à ses détracteurs : « C’est facile d’insulter les gens. Venir me le dire en argumentant de manière factuelle et constructive, c’est autre chose. Le courage réel de ce type d’opinion n’est pas ma légion. »







