À quelques jours de la finale du Top 14 contre Montpellier, le Stade Toulousain est sur le point de réaliser un exploit historique : remporter un quatrième Bouclier de Brennus consécutif.
Un record que connaît bien Guy Novès. L’ancien manager toulousain avait déjà conduit les Rouge et Noir à un quadruplé entre 1994 et 1997. Près de trente ans plus tard, il suit avec admiration la génération actuelle, persuadé qu’elle peut rejoindre, voire surpasser, celle qu’il a dirigée.
« Cette génération est incroyable », confie-t-il à La Dépêche. Interrogé sur ses souvenirs de cette période dorée, Guy Novès souligne l’innovation majeure qui avait fondé leur domination. Selon lui, l’arrivée de Dominique Hernandez, premier préparateur physique du rugby français, avait donné à son équipe un avantage considérable.
« Le souvenir que j’en ai, c’est d’abord l’arrivée de Dominique Hernandez. À l’époque, les préparateurs physiques n’existaient pas. C’était le premier préparateur physique en France. Lors de ces matchs qu’on a gagnés de finalement pas grand-chose, les équipes adverses n’existaient plus. »
Cette supériorité physique au fil des rencontres, notamment en seconde mi-temps, faisait souvent la différence. « Le souvenir que j’en ai, c’est le fait de dominer les équipes adverses en seconde mi-temps, au cours de laquelle notre niveau physique était supérieur à l’époque. »
Mais pour Guy Novès, Toulouse ne s’est jamais résumé à un simple rapport de force. « À Toulouse, ne pas jouer, c’était prendre un risque », rappelle-t-il, insistant sur une philosophie de jeu fondée sur le jeu debout, les passes rapides et l’exploitation des intervalles. « Aujourd’hui, tous les gens qui sont à la tête du club, soit Didier Lacroix ou Ugo Mola ou tous les entraîneurs, 99 % sont issus de cette époque-là. Aujourd’hui, Ugo Mola et Didier Lacroix amènent leur vécu, leur intelligence, mais ils amènent ce qu’ils ont appris. Et d’ailleurs, ce binôme, à mon avis, qui fonctionne super bien, c’est très, très, très, très important. »
« Ce jeu, évidemment, est basé sur le jeu debout, le jeu de passes, le jeu d’intervalles. À l’époque, les gens disaient que jouer, c’était prendre des risques. Mais c’était l’inverse. À Toulouse, ne pas jouer, c’était prendre un risque. »
À l’époque, le quatrième titre consécutif n’était pas forcément perçu comme un exploit exceptionnel, malgré sa rareté. Guy Novès se souvient d’une remarque d’un journaliste après la finale de 1997 : « Je me rappelle d’un journaliste qui, lors du quatrième titre, était venu sur le terrain du Parc des Princes en me disant que c’était gagné, mais que c’était une petite finale. Et pour nous, c’était un exploit. »
Avant d’ajouter : « C’était un exploit qui va peut-être être égalé, voire dépassé par cette génération qui est incroyable. »
Pour l’ancien manager, l’équipe actuelle dispose d’atouts qui dépassent ceux de sa propre époque. Il rappelle notamment la difficulté de gérer un effectif moins étoffé à l’époque. « C’était un effectif qui n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Donc c’était très compliqué de gérer les deux compétitions. »
Si le quadruplé représentait déjà une performance exceptionnelle, Guy Novès n’écarte pas que la génération actuelle puisse écrire une histoire encore plus grande. « On perd la cinquième année en 1998 et là, j’ai l’impression de redevenir humain. Mais on gagne la sixième année. On en a donc gagné cinq en six ans. »
Ce samedi soir, face à Montpellier, les hommes d’Ugo Mola auront l’occasion de s’inscrire un peu plus dans la légende du Stade Toulousain.







