
À seulement 20 ans, Fabien Brau-Boirie continue de brûler les étapes. Impressionnant lors de la courte défaite du XV de France face aux All Blacks (34-32) pour seulement sa troisième sélection, le trois-quarts centre de la Section Paloise devrait enchaîner une deuxième titularisation consécutive samedi face à l’Australie, à Brisbane.
Une nouvelle marque de confiance de Fabien Galthié qui confirme l’émergence de l’une des grandes révélations du rugby français.
Il y a seulement 19 mois, Fabien Brau-Boirie découvrait le rugby professionnel sous les couleurs de la Section Paloise. Dix-neuf mois plus tard, le voilà déjà titulaire avec le XV de France face à la Nouvelle-Zélande, puis de nouveau pressenti pour débuter contre les Wallabies. Une progression éclair qui récompense la saison pleine réalisée par le Palois et son intégration express dans les plans du sélectionneur.
Une maturité qui impressionne déjà chez les Bleus
Opposé à l’un des meilleurs centres du monde, Jordie Barrett, Fabien Brau-Boirie n’a jamais semblé impressionné. Le jeune international reconnaît pourtant avoir beaucoup observé son adversaire.
Le Palois ne cache pas son admiration pour le Néo-Zélandais au cours d’un entretien accordé à L’équipe :
« C’est quelqu’un quand même. (…) Il a des passes superbes, de bonnes lignes de course, de bonnes mains, il lit super bien le jeu. »
Quelques minutes avant le coup d’envoi, il découvrait également le haka des All Blacks pour la première fois de sa carrière.
Un souvenir qu’il n’est pas près d’oublier.
« J’ai regardé ça comme un gosse. J’ai su profiter du moment avec les yeux un peu grands ouverts. Je me suis dit que c’était mon premier match contre les Blacks, mon premier haka chez les grands. Je ne voulais pas avoir de regrets. »
Une fois le protocole terminé, le centre français est rapidement revenu dans sa bulle.
« Immédiatement après, j’ai basculé sur le match (…) Quand le match a commencé, la pression s’est un peu dissipée, comme dans tous les matches. »
Une progression construite depuis l’enfance
Si son adaptation au plus haut niveau est aussi rapide, Fabien Brau-Boirie l’explique en partie par l’éducation sportive reçue au sein de sa famille.
Son père, ancien joueur de Bagnères-de-Bigorre puis de Lannemezan, a longtemps été son premier entraîneur et reste aujourd’hui son interlocuteur privilégié lorsqu’il s’agit d’analyser ses performances.
Le jeune international raconte avec le sourire cette relation parfois exigeante.
« Mon père m’a toujours poussé. (…) Quand je faisais les choses bien, il me le disait, mais quand il y avait des matches où j’étais nul, il en était limite à me faire pleurer. »
Avec le recul, il estime que cette exigence lui a permis de franchir les étapes beaucoup plus vite.
« Aujourd’hui, je comprends que ça m’a permis d’évoluer et que c’est avec lui que je suis le plus à l’aise pour parler de rugby. »
Des modèles prestigieux, mais une identité bien à lui
Grand amateur de sport, Fabien Brau-Boirie s’inspire aussi de champions venus d’autres disciplines. Il admire notamment la longévité de Cristiano Ronaldo ainsi que la détermination de Rafael Nadal.
Sur un terrain de rugby, deux centres ont particulièrement marqué sa jeunesse.
Le Palois cite spontanément ses références.
« Wesley Fofana et Sonny Bill Williams m’ont marqué. (…) J’essaye d’avoir ces deux qualités dans mon jeu. »
Comparé depuis plusieurs mois à Yannick Jauzion, l’une des références du rugby français à son poste, Fabien Brau-Boirie préfère néanmoins poursuivre sa propre évolution.
« J’essaie aussi d’être moi-même et de jouer mon rugby. (…) Je connais mes points forts et mes points faibles. À l’avenir, je vais bien sûr travailler sur les points qu’il faudrait que j’améliore et continuer à travailler mes points forts pour pouvoir performer. »
À Brisbane, le centre de la Section Paloise aura désormais une nouvelle occasion de confirmer tout le bien que pense de lui le staff du XV de France. Une prestation convaincante face aux Wallabies renforcerait encore un peu plus sa place parmi les joueurs appelés à incarner l’avenir des Bleus.







