
Auteur d’un doublé et désigné homme du match après la démonstration du XV de France face au Japon, Maxime Lamothe aurait pu savourer une soirée parfaite. Le talonneur de l’Union Bordeaux-Bègles est même reparti avec un katana traditionnel remis par le staff en guise de récompense.
Pourtant, au moment d’évoquer sa prestation, il n’a jamais cherché à s’attribuer les mérites de cette performance, préférant mettre en lumière le travail de tout son paquet d’avants.
« Je conduis juste le camion »
Les ballons portés français ont fait énormément de dégâts face au Japon, permettant notamment à Lamothe d’inscrire deux essais. Une réussite qui récompense plusieurs semaines de travail.
Le talonneur assure via Midi Olympique que ce succès est avant tout celui de tout le huit de devant.
« On savait qu’il y avait une opportunité là-dessus, et pas seulement sur les ballons portés, sur les mêlées aussi. C’est un gros travail qu’on a fourni cette semaine, comme c’était le cas depuis le début de ces cinq semaines de tournée. Ça nous a bien souri, donc c’est cool de voir qu’on arrive à retranscrire sur le terrain le week-end ce que l’on bosse la semaine. »
Malgré cette efficacité impressionnante, le Bordelais refuse de mettre en avant son doublé.
Maxime Lamothe préfère saluer le travail de ses partenaires plutôt que de parler de lui.
« Moi, vous savez, je ne fais pas grand-chose (sourire). Je lance, on arrive à capter le ballon, et puis ce sont les mecs devant qui font un travail incroyable. Moi, j’ai juste à conduire le camion, comme on dit ! Et voilà, ils ont réussi à nous emmener jusqu’au bout, derrière la ligne, donc c’est plutôt cool. »
Une frustration transformée en force
Cette domination n’avait pourtant rien d’évident. Une semaine plus tôt, les Bleus étaient restés sur leur faim dans ce secteur face à l’Australie.
Le talonneur reconnaît que les avants avaient à cœur de rectifier le tir.
« Oui, parce que dans le rugby d’aujourd’hui, les ballons portés sont limite des « pénalités ». On avait été un peu frustrés sur les matchs précédents, donc on voulait justement se rattraper. On l’a beaucoup bossé et on avait décelé des opportunités. C’est sûr que ce soir, ça fait plaisir. »
Même lorsque les premières mêlées ont été sanctionnées, le pack français n’a jamais douté.
Selon Lamothe, les avants sentaient qu’ils avaient pris le dessus malgré les premières décisions arbitrales.
« Ce sont des choix arbitraux et on les respecte, mais on sentait qu’on était plutôt dominants dans ce secteur malgré le bras cassé et la pénalité. On s’est dit qu’il fallait continuer dans ce qu’on faisait et ça nous a plutôt souri par la suite. On a été récompensés plusieurs fois. On était sur le bon chemin, il fallait juste trouver les petits réglages et les petites adaptations pour ne plus être pénalisés et, au contraire, récupérer des pénalités. »
« On s’est créé beaucoup de beaux souvenirs »
Au-delà de sa récompense personnelle, c’est surtout la tournée dans son ensemble que retiendra le talonneur de l’UBB.
Maxime Lamothe estime que ces cinq semaines passées ensemble ont soudé durablement le groupe France.
« Je pense qu’on est tous unanimes là-dessus, c’est une aventure assez extraordinaire à vivre. Pour la plupart d’entre nous, on n’avait pas forcément eu l’occasion de voyager dans ces pays-là. Et on n’avait pas souvent affronté ces nations non plus, donc c’est quelque chose d’assez exceptionnel. Évidemment, quand tu passes cinq semaines avec les mêmes mecs, tu tisses des liens, et on partage de très bons moments ensemble. On s’est créé beaucoup de beaux souvenirs. »
Récompensé par un katana pour son immense prestation, Maxime Lamothe repart surtout de cette tournée avec une certitude : la force de ce XV de France ne réside pas uniquement dans ses performances sur le terrain, mais aussi dans la solidarité qui s’est construite tout au long de ces cinq semaines passées à l’autre bout du monde.







