
L’Union Bordeaux-Bègles traverse une période particulièrement compliquée sur le plan de son effectif. Malgré sa victoire sur la pelouse du Stade Rochelais dimanche dernier (25-19), le club girondin doit désormais préparer la réception de l’Aviron Bayonnais avec de nombreuses absences.
Une situation qui inquiète fortement son président, au point que ce dernier reconnaît ne pas savoir comment son équipe pourra réunir suffisamment de joueurs pour la prochaine rencontre de Top 14.
Entre les blessures et les internationaux mobilisés par le XV de France, Bordeaux-Bègles se retrouve confronté à un sérieux problème de profondeur d’effectif. Neuf joueurs français sont actuellement retenus à Marcoussis, tandis que plusieurs éléments importants poursuivent leur convalescence.
Une accumulation qui complique considérablement la préparation du match de samedi contre Bayonne.
« Je ne sais même pas comment on va trouver 23 joueurs »
Interrogé sur les difficultés rencontrées par les clubs et leur capacité à financer des effectifs plus importants, le président de l’UBB Laurent Marti a livré une déclaration particulièrement révélatrice de la situation bordelaise.
Il s’est confié dans les colonnes de Sud-Ouest :
« Oui. Si vous enlevez trois voire quatre clubs très déficitaires, les clubs se portent plutôt bien. Les affluences augmentent, les audiences télé et les partenariats aussi. Le salary cap doit suivre l’économie du rugby, qui permet de payer davantage de joueurs. Je veux bien donner des repos obligatoires, mais comment fait-on ? Cette semaine, je ne sais même pas comment on va trouver 23 joueurs pour affronter Bayonne. »
Cette sortie traduit les difficultés auxquelles le staff girondin est actuellement confronté.
Mercredi, seulement sept titulaires de la victoire à La Rochelle avaient participé à l’entraînement collectif.
Dans les lignes arrière, Xan Mousques et Hugo Reus étaient les seuls titulaires du dernier match présents. Chez les avants, Matis Perchaud, Connor Sa, Carlü Sadie, Adam Coleman et Romain Gardrat avaient également pris part à la séance.
« Les corps finissent par lâcher »
Au-delà de la situation immédiate de Bordeaux-Bègles, le président girondin estime que les blessures qui frappent actuellement le rugby français résultent notamment d’une accumulation de rencontres et d’une intensité toujours plus importante.
Il explique pourquoi cette multiplication des indisponibilités ne le surprend pas :
« C’est un sujet qui m’intéresse au plus haut point. On a commencé à l’évoquer en bureau directeur de la Ligue en fin de saison dernière. On le voyait venir, pour deux raisons. La première, c’est que les joueurs disputent trop, trop de matchs. Ces dernières saisons, le temps de jeu s’est accumulé, et là, c’est comme si la goutte d’eau faisait déborder le vase. Les corps finissent par lâcher.
La deuxième raison, c’est que ça tape de plus en plus fort dans notre championnat. Le niveau ne cesse d’augmenter, les équipes sont plus performantes, les entraînements sont de plus en plus durs. Dès qu’une équipe lâche un peu mentalement sur le terrain, elle en prend 40 ou 50. »
Une situation qui peut rapidement devenir difficile à maîtriser lorsque plusieurs joueurs d’un même effectif sont indisponibles simultanément.
Une cascade d’absences avant Bayonne
Bordeaux-Bègles doit notamment composer avec les blessures de Matthieu Jalibert, Marko Gazzotti, Cyril Cazeaux et Alex Moon.
Adam Zapedowski, victime d’une commotion contre La Rochelle, est également arrêté pour une semaine.
Pour compenser les absences, le staff a déjà rappelé deux joueurs prêtés : Joseph Laharrague, qui évoluait à Béziers, et Jacques Nguimbous, prêté à Mont-de-Marsan.
Quelques bonnes nouvelles sont néanmoins venues de l’entraînement de mercredi, avec les retours dans le groupe de Pierre Bochaton, Arthur Retière et Tiaan Jacobs.
Les internationaux tongiens Ben Tameifuna, Adam Coleman et Toma Taufa sont également disponibles pour la réception de Bayonne.
Le staff bordelais devra désormais déterminer quels joueurs pourront effectivement prendre place sur la feuille de match samedi à 16h35, au stade Chaban-Delmas.







