
L’entrée en vigueur de la nouvelle règle interdisant les plaquages pivotants suscite déjà des interrogations. Interrogé sur cette évolution du règlement prévue en novembre, Clément Poitrenaud estime que les arbitres pourraient être confrontés à des situations particulièrement délicates à interpréter.
L’entraîneur des trois-quarts du Stade Toulousain s’est également exprimé sur les conséquences de la réduction du nombre de remplacements en Top 14.
Pour l’ancien international français, la volonté de renforcer la protection des joueurs est compréhensible. Mais certaines situations de plaquage pourraient être difficiles à apprécier, notamment lorsqu’un geste dangereux résulte davantage des circonstances que d’une intention délibérée.
Des plaquages difficiles à interpréter pour les arbitres
Clément Poitrenaud a expliqué pourquoi cette nouvelle règle pourrait compliquer le travail du corps arbitral :
« On en revient encore une fois à la volonté de protéger les joueurs. Certaines situations seront difficiles à arbitrer parce qu’elles seront soumises à interprétation. Il y a des plaquages volontairement réalisés pour blesser, qui peuvent être très dangereux. Il y en a d’autres où les joueurs se retrouvent dans ces situations et ne peuvent malheureusement pas forcément faire autrement. Cela risque donc d’être compliqué. Mais chaque chose en son temps. Je ne vois pas comment cela pourrait être autrement : ce sera arbitré, mais cela risque d’être difficile. »
Au-delà de cette nouvelle interdiction, le technicien toulousain s’interroge également sur les conséquences de la règle limitant désormais les équipes à huit changements.
Huit changements : des conséquences sur le jeu et la défense
Cette évolution réglementaire modifie la gestion des rencontres, notamment dans les dernières minutes, lorsque la fatigue commence à peser sur les joueurs.
Clément Poitrenaud reconnaît que le staff toulousain aurait peut-être dû anticiper davantage les conséquences de cette règle sur la composition de son banc :
« Oui, vous avez raison. Cette nouvelle règle a aussi des conséquences sur les compositions des bancs. Peut-être que notre responsabilité, en tant que staff, est de ne pas avoir suffisamment réfléchi à la composition de notre banc pour ces fins de match. On s’aperçoit souvent, dans cette période-là, qu’on prend des points.
Encore une fois, le contexte du match est important. Mais sur l’aspect offensif, prendre des duels et aérer le jeu face à des joueurs fatigués permet forcément de se créer des opportunités. Quand les joueurs sont frais, il y a des choses à réfléchir : quel lancement, à quel moment du match, dans quelle zone du terrain et quel type de rugby pratiquer. Plus le match avance, plus on peut potentiellement trouver de l’espace. Ce sont des évolutions stratégiques que l’on peut mettre en place au cours du match. »
La réduction du nombre de remplacements oblige également certains joueurs à disputer des rencontres entières, avec des conséquences potentielles sur leur état physique.
« Il y avait donc d’autres solutions »
Dans un championnat aussi exigeant que le Top 14, Clément Poitrenaud considère que l’alignement sur les règles internationales n’était pas nécessairement la seule option envisageable.
L’entraîneur toulousain évoque notamment les risques de blessures et rappelle qu’une autre formule avait été proposée :
« Sur le profil des joueurs, il y a un vrai impact : aujourd’hui, il y a des garçons qui doivent faire quatre-vingt minutes. Cela a forcément son importance dans la composition du groupe et du banc. Par rapport au risque de blessure, évidemment, des joueurs qui jouent quatre-vingt minutes ont potentiellement davantage de risques de se blesser. Notre championnat est long et très dense. Comme vous l’avez dit, notre championnat dure onze mois et l’on voit que ça cogne fort, de plus en plus fort.
Les douze changements pouvaient donc, sur la durée, nous permettre de préserver la qualité physique des joueurs. Mais la décision a été prise de s’aligner sur les règles internationales, à un an de la Coupe du monde, alors que l’équipe de France et tous les joueurs concernés seront impliqués. Il y a du bon et du mauvais là-dedans. Nous, on serait restés en l’état, il n’y aurait plus de souci. Une autre solution aurait été de faire des bancs avec davantage de joueurs, 25 ou 26, comme le préconisait Ugo Mola, puis de pouvoir puiser dedans en fonction de la stratégie adoptée et des joueurs qui auraient besoin de sortir du terrain. Il y avait donc d’autres solutions que de s’aligner strictement sur les règles internationales. »







