Cette semaine pourrait être un tournant décisif dans la carrière de Christian Ambadiang. Appelé par Fabien Galthié pour préparer le match contre l’Angleterre XV à Vannes, l’ailier du Castres Olympique dispose d’une opportunité exceptionnelle de se mettre en lumière auprès du staff tricolore.
Si cette rencontre ne sera pas officiellement comptabilisée comme une sélection, elle pourrait néanmoins ouvrir la porte à la prochaine tournée estivale dans l’hémisphère Sud.
Et selon ceux qui l’ont vu grandir, sa convocation à Marcoussis n’a rien d’un hasard ni d’une faveur.
« C’est un monstre »
Xavier Péméja, premier entraîneur de Christian Ambadiang en France à Nevers, comprend parfaitement le choix du sélectionneur. Pour lui, le profil du Castrais est quasiment unique dans le rugby français actuel.
« Je mentirais si je disais qu’un jour j’avais imaginé qu’il serait appelé en équipe de France », confie-t-il à Midi Olympique. Toutefois, l’ancien manager de Nevers n’est pas surpris par l’intérêt de Galthié : « C’est vrai que certains matchs qu’il a faits avec Castres ont dû sérieusement interpeller le sélectionneur et je comprends que Fabien Galthié ait envie de le voir. »
Il résume en quelques mots ce qui rend Ambadiang si particulier : « Il a un profil vraiment atypique, c’est un monstre ! Il est puissant, il va vite, c’est un athlète. »
Pour Péméja, cette convocation répond à une recherche spécifique du staff français : « Il veut le voir parce qu’il n’a pas de joueur de ce style qui peut jouer sur l’aile. Aujourd’hui, il y a beaucoup de jeu près des lignes et Christian est une solution en plus. »
Une semaine décisive pour convaincre Galthié
Rien n’est encore acquis pour Ambadiang. Xavier Péméja estime que son ancien protégé devra tirer profit de chaque minute à Marcoussis pour convaincre définitivement les Bleus.
« Il ne faut pas qu’il se manque », prévient-il, soulignant l’exigence du très haut niveau. « Je ne sais pas si c’est lui qui va jouer contre l’Angleterre mais aux entraînements, il faut qu’il soit régulier dans ses performances. »
Le principal point de vigilance réside dans quelques détails à peaufiner : « Parfois il a de petits oublis qui peuvent coûter cher. Il est capable de faire le plus dur mais de se manquer sur un simple plaquage. »
Des détails qui pourraient peser lourd dans l’évaluation du staff tricolore. « C’est sur ce genre de choses qu’il devra rassurer Galthié. »
Malgré ces réserves, l’ancien coach croit pleinement en lui : « J’espère vraiment qu’il va réussir. Il le mérite et son travail paye. »
Des débuts difficiles en France
Si Ambadiang est aujourd’hui à la porte du XV de France, son parcours a été tout sauf linéaire.
Arrivé à Nevers en 2020, il séduit immédiatement par ses qualités athlétiques, mais le chemin reste long sur le plan rugbystique. Sa première saison se résume à seulement trois apparitions.
« On l’a recruté pour son profil physique mais on savait qu’il y avait du boulot sur le reste », rappelle Péméja, qui se souvient d’un joueur encore très brut. « Ce n’était pas gagné. Il a fallu lui apprendre un peu plus le rugby. Il a été souvent mis de côté parce qu’il avait beaucoup trop de lacunes au niveau du positionnement, de sa relation à l’espace aussi. Sa force a été d’être vraiment à l’écoute. »
Le travail qui a tout changé
Au-delà de ses qualités physiques hors normes, c’est surtout son professionnalisme qui a impressionné ceux qui l’ont accompagné.
Pour Xavier Péméja, la réussite actuelle d’Ambadiang n’est pas le fruit du hasard. « Il est un exemple pour tous les jeunes », insiste-t-il.
L’ancien manager de Nevers met en avant sa rigueur quotidienne : « Son écoute, son implication, son côté compétiteur, sa façon de vivre, de se nourrir, de s’hydrater, de récupérer, de se préparer… »
Avant de conclure : « C’est clair que c’est ce qui fait sa réussite. »
Après avoir gravi les échelons à Nevers puis confirmé en Top 14 sous les couleurs du Castres Olympique, Christian Ambadiang se tient désormais à un pas du plus haut niveau international. À lui désormais de saisir cette chance et de convaincre définitivement Fabien Galthié qu’il a sa place chez les Bleus.







