Le Racing 92 a quitté le stade Vélodrome avec une défaite historique. Battus 71 à 17 par le Stade Toulousain en demi-finale du Top 14, les Franciliens ont enregistré le plus large écart jamais concédé à ce stade de la compétition.
Face à ce revers sans appel, Patrice Collazo et ses joueurs ont choisi la lucidité plutôt que les excuses, reconnaissant la nette supériorité toulousaine tout en valorisant le chemin parcouru cette saison.
**Patrice Collazo s’incline devant la domination toulousaine**
Le manager francilien a été clair au sortir de la rencontre. « Le scénario est simple : il faut reconnaître la supériorité du Stade Toulousain aujourd’hui. Dans la maîtrise de l’événement, dans la manière d’aborder les choses et d’imposer son empreinte sur le match, ils ont pris les commandes dès les premières minutes. »
Collazo déplore surtout l’incapacité de son équipe à réellement entrer dans le match : « On ne peut pas avoir de déception particulière quand on perd contre plus fort. Comme je l’ai dit aux joueurs dans le vestiaire, cette saison, même lorsque nous avons perdu, nous avons toujours existé et rivalisé, à une ou deux exceptions près. Ce soir, nous n’avons pas pu, parce que nous n’avons rien enclenché de positif. Face à des machines comme ça, il faut très vite montrer qu’on est là, qu’on va faire partie du match. Nous ne l’avons pas fait. »
**« Nous avons été surclassés » selon Romain Taofifenua**
Capitaine du Racing lors de cette demi-finale, le deuxième ligne a lui aussi salué la performance des champions de France : « Nous avons été surclassés dans tous les secteurs du jeu. Quand Toulouse évolue à ce niveau-là, il est très difficile de rivaliser. Bravo à eux. »
Malgré la claque reçue, Taofifenua préfère retenir l’expérience acquise par un groupe encore en construction : « Je pense que nous avons un groupe jeune. Ce soir, nous avons goûté au très haut niveau et j’espère que chacun a déjà envie de reprendre la saison prochaine avec l’ambition de revenir ici, en ayant progressé tout au long de l’année. »
**Léo Carbonneau refuse les excuses**
Le jeune demi de mêlée du Racing a livré une analyse honnête et sans filtres. « C’est le rugby, on prend les victoires comme les défaites. On est tombés contre une très grande équipe du Stade Toulousain et tout est allé très vite. Ce n’est évidemment pas le scénario qu’on imaginait. Perdre une demi-finale avec un tel écart, c’est plus que frustrant. »
Pour Carbonneau, l’équipe a laissé trop d’opportunités au rival : « Pourtant, on commence bien. On reçoit le coup d’envoi, on obtient une mêlée, puis trois points. Mais ensuite, il y a eu des scories : on ne récupère pas les ballons hauts, il y a eu aussi des problèmes de discipline. À chaque fois qu’on est allés dans leur camp, on n’a pas su y rester. Eux ont profité de nos pénalités et de nos en-avant. On n’a pas réussi à conserver le ballon sur des séquences longues. Contre le Stade Toulousain, quand tu n’arrives pas à faire ça, tu perds. »
Enfin, Carbonneau balaie toute excuse liée à la fatigue : « Aucune excuse. On était aussi préparés qu’eux. On s’attendait à être en demi-finale. On n’est pas là par hasard au vu de notre saison. On s’est préparés autant qu’eux et bravo à eux d’avoir gagné. »
**Le Racing déjà tourné vers l’avenir**
Malgré la correction subie au Vélodrome, Patrice Collazo refuse de remettre en cause le travail accompli ces derniers mois. Il rappelle qu’il y a seulement quatorze mois, son équipe jouait encore le maintien.
« On a toujours su s’améliorer après les coups durs et cela ne changera pas. Le plus important est de rester nous-mêmes et fidèles à nos convictions. La saison prochaine, il faudra faire plus, c’est évident. Mais il ne faut pas tout jeter : ce week-end, il n’y avait que quatre équipes en demi-finales et le Racing en faisait partie. Dix autres étaient absentes. »
Le coach reste convaincu du potentiel du groupe : « Il y a donc des choses qui ont bien fonctionné cette saison et d’autres moins. Nous connaissions nos lacunes et certains de nos points faibles. Ce soir, nous avons été dominés collectivement, pas individuellement. Dans beaucoup de domaines, notamment l’expérience. »
« Il y a quatorze mois, nous jouions le maintien. Quatorze mois plus tard, nous nous retrouvons dans le dernier carré. Beaucoup d’équipes nous enviaient cette position. Quand nous reprendrons la saison prochaine, il faudra davantage, parce que ce que nous avons fait cette année ne suffira pas. Mais je suis convaincu que ce groupe a encore envie de progresser et qu’il possède une énorme marge de progression. »
Léo Carbonneau partage cette vision optimiste : « Malheureusement pour nous, cette très lourde défaite ne reflète pas ce que nous avons montré cette saison. Mais c’est comme ça et il faut apprendre de ce genre d’expérience. Cette année marquait le début d’un nouveau cycle au Racing, avec beaucoup d’arrivées et aussi beaucoup d’anciens du club autour du groupe. C’est le début d’une nouvelle histoire. On atteint les demi-finales dès cette première année. Espérons que la saison prochaine, on fasse encore mieux, tout simplement. »







